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Livre II. La France.
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TKRH AIN S ET CLIMAT DE LA FRANCE.

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dès la fin de la dernière période glaciaire, dont on ne connaît pas encorela date approximative, la France avait à peu près les contours cl le reliefqu'elle présente aujourd'hui.

Pourtant ce relief et ces contours ne cessent de changer sous l’influencedes mille causes qui travaillent à sculpter les continents. Les montagnes sesont abaissées par l’effet des intempéries, des ravines et des torrents; deslacs ont été remplis, d’autres se sont formés, soit, par l’affaissement du sol,soit par la chute de rochers qui se sont entassés en digues en travers descours d’eau; des rivières ont changé de lit, des fleuves ont allongé leursdeltas dans la mer, tandis que d’autres ont eu leurs estuaires agrandis parlesflots ; enfin les oscillations du sol ont exhaussé ou déprimé les rivages, faitempiéter la terre ou les eaux. Si l’on ne lient pas compte des mouvementslocaux, il paraît qu’en général les côtes de la Méditerranée se sont exhaus-sées pendant la période contemporaine. Du côté de l’Océan le rivage deslandes se serait affaissé, tandis qu’au nord de la Gironde , les témoignagesd’une notable élévation des terres sont incontestables. Enfin, les côtes de laManche auraient subi un mouvement de dépression qui se continue au nord-est par les Pays-Pas jusqu’en Danemark et sur les rives méridionales dela Baltique . Déjà ces changements naturels, contemporains de l’hommepolicé, ont suffi pour modifier le milieu d’une manière appréciable et mômepour exercer une influence réelle sur la marche de l’histoire.

II

Il est certain que le climat de la France, comme le sol lui-même, achangé depuis le commencement de la période historique; toute la difficultéest de savoir dans quelle proportion s’est opéré ce phénomène. Déjà lestravaux de l’homme, surtout la destruction de forets, et, dans une moindremesure, les plantations de vergers, l’assainissement du sol marécageux,l’endiguement des rivières, ont suffi pour influencer d’une manière notableles climats locaux; mais les observations ne se faisaient point jadis avecassez de rigueur, et l’on ne saurait les comparer à celles des météoro-logistes actuels. Il faut se borner à l’élude des faits généraux, tels queles constatent les anciennes chartes et les documents de toute nature.Ainsi que l’ont établi divers historiens, certaines plantes ne peuvent plusêtre cultivées à des hauteurs où elles prospéraient encore au moyen âge. Lesoliviers, les figuiers, les orangers ont reculé vers le midi; les vignesn’occupent plus une zone aussi étendue dans les régions du nord de la

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