PYRÉNÉES DE L’ARIÉGE.
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issue de la région des monls granitiques, longe d’abord la base méridionalede la chaîne du Saint-Barthélemy , dont le noyau est également cristallin,puis, au défilé de Tarascon , se recourbe brusquement vers le nord pourgagner la plaine; de même le Salat, descendu aussi de l’arête maîtresse,s’est taillé un chemin dans le granit au défilé de Ribaouto, en amont deSaint-Girons. Quant aux rivières qui naissent sur le versant septentrional duchaînon secondaire, l’IIers, la Lcctouire, la Douctouirc, l’Arize (ou laRize), elles coupent toutes le chaînon tertiaire après avoir serpenté le longde ses roches pour en trouver le point faible. Quelques-uns de ces défiléssont d’étroites entailles, à parois presque verticales; il en est même un,celui île l’Arize, qui s’est creusé en souterrain dans le rocher : c’est la fa-meuse grotte du Mas d’Azil. L’étroite vallée où coule la rivière torrentueuseest tout à coup barrée par une colline aux assises de roches blancheslaissant des arbrisseaux s’enraciner dans leurs crevasses. Les eaux mugis-santes pénètrent sous la voûte par une porte triomphale et disparaissentdans les ténèbres. On peut les suivre pourtant, si ce n’est à l’époque desgrandes inondations 1 , grâce à la route construite le long du torrent etvaguement éclairée par la réflexion indécise du faisceau lumineux del’entrée. Vers le milieu du tunnel, qui n’a pas un kilomètre de longueur,un énorme pilier soutient le dôme de la caverne, et près de là des galerieslatérales, noires de chauves-souris, se ramifient au loin dans les entraillesdu rocher. Au sortir de la porte d’aval, plus grandiose d’aspect que celled’amont, l’Arize fait mouvoir quelques roues de moulin, puis s’étale dansle bassin du Mas d’Azil et va compléter le travail de percée des montagnespar le pittoresque défilé de Sabarat*.
Les hauts bassins de l’Ariége et du Salat sont parmi les régions de France les plus riches en grottes, que les rivières ont anciennement creusées avantde couler dans leurs lits actuels. Au sud de Tarascon , la montagne quis’élève en promontoire entre les deux hautes vallées de l’Ariégc et de Viede Sos, est criblée de cavernes qui communiquent de l’un à l’autre versant,des galeries de Lombrives à celles de A'iaux. D’autres grottes des environs,notamment celle de Bédeillac, que la légende dit être le tombeau deRoland 3 , 11e sont pas moins curieuses. C’est à l’affaissement des voûtes
1 Adolphe d’Assicr, Les inondations de la Garonne. Revue des Deux Mondes , 1" oct. 1875.3 Altitudes des Pyrénées ariégeoises :
Pique d’Eslats.5,1 il mètres.
Montcalm. 5,079 »
Mont Vallier. 2,859 »
3 Cordier, Bulletin de la Société Ramond, 01
Tue de Maubcrme. 2,880 mètres.
Pic de Saint-Uarthélemy . . . 2,549 »
Mas d’Azil. 280 #
. 1867.