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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
intérieures de ces cavernes qu’il faut attribuer le phénomène curieux decollines qui changent de forme et laissent voir de loin des villages qu’ellescachaient jadis. Ainsi le village de Génat, au-dessus de la vallée de Vie de Sos,est devenu visible de la plaine; de même Montagagne, que n’apercevaientpoint les habitants de la Bastide de Sérou, s’est révélé peu à peu : on a vud’abord le clocher, puis l’église, puis le village entier.
Ces allées souterraines n’offrent pas le seul intérêt du pittoresque et dugrandiose, elles sont aussi justement célèbres à cause des trouvailles qu'yont faites les géologues et les savants qui étudient les moeurs de l’hommeavant l’histoire. On y a découvert des quantités considérables d’ossementsde carnassiers, de ruminants et de rongeurs disparus de la contrée, quiont permis de connaître la succession des faunes dans la région pyré-néenne; on y a trouvé aussi de nombreux restes de l’homme, les unscontemporains du grand ours des cavernes ou même d’animaux anté-rieurs, tandis que les autres datent de l’époque moderne. Jusqu’à unepériode récente, les galeries souterraines de la contrée ont servi d’habita-tions permanentes ou de lieux de refuge. Ainsi, les grottes du Mas d’Azil ontété habitées au temps des guerres de religion. Celles d’Ornolae, près d’Ussat,furent aussi temporairement peuplées lors des persécutions contre lesAlbigeois ; plusieurs centaines de proscrits s’y étaient groupés autour d’unévêque, mais les soldats de l’Inquisition murèrent l’entrée de la cavernesupérieure où s’étaient réfugiés les malheureux : ils périrent tous, étoufféscomme les Grecs de la grolle de Mélidhoni, et l’on a récemment découvertleurs os sous la couche des concrétions calcaires 1 .
Les antres des montagnes crétacées de l’Ariége ont pour le zoologisteun intérêt tout spécial à cause de leur faune particulière. Comme toutesles cavernes soigneusement explorées, ils renferment dans leurs partieshumides des insectes aveugles, dont plusieurs espèces ne se trouvent [jointailleurs. Les principaux genres représentés sont les anophthalmus et lesadelops; quoique privés d’yeux, ces insectes se conduisent absolumentcomme s’ils voyaient clair. Rien dans leurs allures 11e dénote la cécité ;on les voit marcher, courir, s’arrêter, explorer le terrain, chercher leurnourriture, fuir les doigts du chasseur qui veut les saisir. Il est probableque l’odorat les guide dans la poursuite de leur proie ; en outre les poilsqui recouvrent les antennes et les pattes de ces animaux sont ordinairementplus longs que ceux des insectes oculés 2 .
1 Nap. Peyrat, Les Réformateurs de la France et de l'Italie , etc.
8 De iionvouloir, Bulletin de la Société Ilamond.