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Livre II. La France.
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PYRÉNÉES FRANÇAISES ET ESPAGNOLES.

Do rares bouquetins vivent dans les vallées sauvages d’Ordesa et de Mali-bierne, sur le versant espagnol ; mais dans les Pyrénées françaises on n’aplus rencontré d’animal de celte espèce depuis 1825. A celte époque, unchasseur de l’Ariége abattit le dernier 1 .

Les contrastes du climat et de la physionomie générale ne sont pas lesseuls que présente la déclivité de l’Espagne comparée à celle de la France :en dépit d’affirmations contraires, la pente est en moyenne plus rapide surle versant du nord, dans les bassins de la Garonne et de l’Aude , que sur leversant du sud, dans le bassin de l’Èbre . Le manque de roules et d’aubergesdans les Pyrénées espagnoles, et la plus grande fatigue qui en résulte pourles piétons, ont pu faire croire à des voyageurs que les pentes sont plusabruptes du côté méridional des montagnes; néanmoins la plus granderaideur des escarpements espagnols, comparés à ceux du versant français ,est une exception. D’ailleurs il ne peut en être autrement, puisque les bassesplaines de la Garonne et de ses affluents commencent à une faible distanceau nord de l’arête pyrénéenne, tandis qu’au sud un plateau portant denombreux massifs de montagnes et de collines se prolonge jusqu’aux bordsmêmes de l’Èbre .

Les noms de lieux dans la région des Pyrénées françaises sont basques etromains, non celtiques : ce qui fait supposer qu’avant la grande conquêteles habitants du pays, aussi bien les hommes énergiques et violents desvallées orientales que les Pyrénéens de l’ouest, si fins et si spirituels, étaientles uns et les autres de race euskarienne*. On sait que, par un remarquablephénomène historique, les populations ont gardé leur ancienne langueibérique, non dans les régions les plus âpres, dans les vallons les plusfermés de la chaîne pyrénéenne, mais au contraire dans les vallons d’accèsfacile qui séparent les grandes Pyrénées des massifs de la côte cantabre 5 ;là aussi des bohémiens, ainsi que des « cagots » et des « eascarots » d’ori-gine inconnue, vivaient en groupes séparés. La part du territoire basqueappartenant politiquement à la France est beaucoup moins étendue quecelle de l’Espagne , mais elle est relativement plus peuplée et contientenviron le cinquième des Fuskariens, divisés en trois groupes parlantchacun son dialecte; ces groupes sont ceux du Lnbourd, de la basse Navarreet de la Soûle, c’est-à-dire des vallées de la Nivelle et de la Nive, de laBidouze, du gave de Mauléon. Nulle part la limite du pays Basque ne s’a-vance jusqu’à l’Adour; sans tenir compte d’une sorte de péninsule peuplée

1 Companyo, Histoire naturelle des Pyrénées orientales , 1801.

5 Paul Raymond, Dict. des Basses-Pyrénées ; Eug. Cordier, Bull, de la Soc. Bamoiul, juillet 1808.

5 Voir, dans le tome I", le chapitre de l 'Espagne , p. 85i et suiv.