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Livre II. La France.
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LANDES ET DINES DE GASCOGNE.

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mouvement, ne présente rien dans vson étendue qui puisse arrêter leregard : on se trouve comme perdu dans l’immensité.

Grandes bruyères sous-arborescentes, hautes fougères, ajoncs, genêts auxIleurs d’or, touffes de joncs et de carex, toute cette végétation spontanée deslandes hérissée de branchilles noirâtres que l’on dirait calcinées par lefeu, cède peu à peu devant les cultures régulières, surtout les plantationsde pins. Le pin maritime est l’arbre choisi à l’exclusion de presque tousles autres par les sylviculteurs des landes; en cela, du reste, ceux-ci n’ontfait qu’obéir aux traditions immémoriales du pays, car aussi loin queremonte l’histoire dans les âges passés, on voit les Lanusquets s’occuperde la culture du pin, et l’on a découvert en plusieurs endroits, sousd’épaisses couches de tourbe, des troncs entaillés par la hache. La facilitéde culture, l’utilité du bois, l’abondance de la résine qui en découle pendantun siècle et même plus longtemps, expliquent la faveur dont jouit cetarbre précieux. Il est arrivé, pendant la guerre civile de la républiqueaméricaine, que la barrique de résine s’est vendue trois ou quatre fois pluscher qu’une même quantité de vin ordinaire, et que le revenu annuel d’unhectare de pins a dépassé le prix d’achat. Dans la partie méridionale deslandes, connue sous le nom de Maransin, on cultive aussi le chêne-liège,et chaque village de la contrée possède des avenues de grands chênes, plusbelles que les promenades célèbres des cités populeuses de la France .Quelques domaines des landes de Bordeaux ont été transformés en boisauxquelles on ne pourrait comparer aucun autre parc de l’Europe occi-dentale pour la variété des arbres et la beauté des ombrages. Des com-munes, jadis environnées d’immenses solitudes sans valeur, ont pu dansl’espace de quelques années s’entourer de magnifiques forêts qui sont à lafois un ornement et une richesse inestimables. Les aiguilles des pins,les débris des autres plantes, l’aménagement du sol, le percement de puitsà travers la couche d’alios, parfois même l’arrachement du sous-sol qui sedécompose bientôt au contact de l’air et des pluies, préparent peu à peu laterre aux travaux de l’agriculture proprement dite; par malheur les incendies sont fréquents. On les a souvent attribués à la malveillance desbergers qui voient disparaître leurs pâtis.

Naguère toute la région des landes, avec ses cultures, ses bois, ses villagesclair-semés, était menacée d’envahissement par les monticules de sable quis’élèvent à l’ouest de la plaine, au bord du littoral océanique, et dont quel-ques-uns, au sud d’Arcachon , n’ont pas moins de 80 et 89 mètres de hau-teur : ce sont les plus élevés de l’Europe . A la fin du siècle dernier, lesdunes de la côte, poussées par le vent de mer, s’avançaient en moyenne