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NOUVELLE GÉOGIUPÜIE UNIVERSELLE.
une grande rapidité. D’après l’ingénieur Pairier, chaque marée moyennede vive eau introduit dans le bassin une masse liquide de 550 millions demètres cubes, que le reflux entraîne ensuite en sens inverse. Répartie d’unemanière uniforme pendant les six heures de flot, cette quantité se déverse-rait dans la baie au taux de 15,500 mètres cubes d’eau par seconde, prèsde deux fois autant que le Danube à sa portée moyenne. Vu du haut desdunes, c’est un spectacle admirable que celui de ce grand fleuve allant à larencontre des vagues blanchissantes de la mer.
Tous les courants de sortie des étangs landais et même le fleuve marindu bassin d’Arcachon se recourbent uniformément vers le sud, par l’effetdu courant maritime. La pointe sablonneuse située, sur la rive droite dechaque déversoir d’étang s’allonge de tous les débris arénacés que luiapporte la mer et forme un cordon littoral dirigé vers le sud. La rivière,dont le cours naturel se trouve ainsi augmenté de plusieurs kilomètres,doit en conséquence exhausser le fond de son lit, et le niveau de l’étangdont elle emporte les eaux s’élève peu à peu. Pour l’abaisser de nouveauet conquérir une large zone de rivages sur tout le pourtour du lac, il suffitdonc de régulariser les courants et de leur donner une direction normaleà la côte. C’est ainsi qu’ont été abaissés de plusieurs mètres les étangsde Soustons et de Saint-Julien, dans la partie méridionale des landes. On aété moins heureux pour le grand courant de Mimizan qui emporte le trop-plein des trois grands étangs alignés au sud du bassin d’Arcachon : lefleuve ne s’est pas laissé vaincre, et, renversant les barrières de pieux et defascines de sa rive méridionale, il n’a cessé de se reployer vers le sud. Lesingénieurs ont aussi pratiqué, mais dans des proportions beaucoup plusmodestes qu’en Hollande et en Lombardie , l’épuisement direct des eaux inté-rieures. Le travail de ce genre le plus considérable qui ait été fait est ledessèchement de l’étang d’Orx, situé non loin de Bayonne , au pied d’unpromontoire de collines. Du temps de Henri IV déjà on pensait à le trans-former en terrains de culture ; mais cette œuvre n’a été menée à bonne finqu’en 1864 : un canal circulaire a reçu et emporté vers la mer les50 millions de mètres cubes qui remplissaient le réservoir lacustre, et1,200 hectares de sable et de vase ont été conquis à l’agriculture.
Ainsi les hommes, non moins que la nature, ont travaillé à modifier lesconditions physiques et l’aspect du littoral des landes; mais il est probableque durant la période géologique actuelle des phénomènes bien autrementconsidérables se sont accomplis dans la partie submergée de la côte 1 .