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Livre II. La France.
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NOUVELLE GEOGRAPHIE UNIVERSELLE .

Il est donc certain que la niera rongé la côte des landes; mais, outre l’éro-sion, il y a eu affaissement du littoral, car tous ces restes du travail del'homme, qui devraient se trouver au-dessus du niveau des hautes mers,se rencontrent en maints endroits au ras des eaux de reflux; même sur laplaged’Andernos , au nord du bassin d’Areachon, le Ilot amène à chaquemarée des llèches et d’autres objets en silex arrachés à quelque villagedes âges préhistoriques, englouti sous la mer, on ne sait à quelle pro-fondeur 1 . Quelle a été la cause de cet abaissement incontestable du sol?Le poids énorme des dunes qui ont comprimé les couches sous-jacentespeut avoir contribué pour une certaine part à la dépression des terres;mais ce phénomène 11 e doit-il pas s’expliquer aussi par un mouvementnormal de descente auquel toute la contrée serait soumise?

Ce qui justifie cette hypothèse, c’est que les côtes rocheuses de la régionseptentrionale des landes prennent part à l’affaissement. A son extrémité dunord, lia péninsule qui sépare la Gironde et l’Océan 11 e continue plus exac-tement par son rivage océanique la longue plage uniforme qui s’est détachée,à plus de 2U0 kilomètres au sud, de la hase des Pyrénées . Si la côte suivaitsa direction normale, elle irait rejoindre au nord les grèves extérieures dePlie d’OIeron et de Pile délié; mais elle se recourbe au contraire vers lenord-est, comme si elle eût pivoté sur sa hase. En ces parages, la terreferme a évidemment perdu plusieurs milliers d’hectares, et ce 11 e sont pointdes sables seulement qui ont disparu, des bancs de rochers jadis à dé-couvert ont été ou engloutis ou réduits en étendue. L’exemple le plus remar-quable de cet amoindrissement des roches est fourni par l’écueil qui porte lebeau phare de Cordouan, dont le feu, tournant de minuteen minute, éclairel’entrée de la Gironde . De nos jours, l’écueil est complètement recouvert àmarée haute : on ne peut y aborder qu’aux heures du reflux, et l’îlot de ro-chers, de sables et de fucus qui entoure alors le puissant soubassement duphare n’a qu’une faible étendue. A la fin du seizième siècle, lorsque l’archi-tecte Louis de Foix travaillait à la reconstruction de la tour, Elle était assezgrande et assez haute pour qu’on pût y installer le village temporaire desouvriers 2 . Et tandis que l’ile rocheuse se rapetissait peu à peu, le littoral dela grande terre, de plus en plus entamé, s’éloignait du phare : en 1050, lapéninsule de Grave n’était qu’à 5 kilomètres de Cordouan , elle en est à 7de nos jours. De nombreux villages, dont les chroniques nous conservent lesnoms, ont été engloutis par les Ilots ou par les dunes qui marchent au-devantd’eux. La ville de Soulac , fort prospère à l’époque de la domination anglaise,

1 Dclfortrie, Empiétement de la mer sur la plage d’Arcachon .

Dolfortrie, ibidem.