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surtout au terrain crétacé et sont d’ailleurs baignées par une merprofonde où s’engloutissent les fragments désagrégés des roches. Ce sablene saurait non plus venir du nord, puisque les côtes de la Saintonge sontcomposées de roches calcaires. Il faut donc admettre que les landes elles-mêmes fournissent, avec le plateau sous-marin, l’arène de leurs plages.L’examen minéralogique a montré que ces sables ont une composition toutà fait identique à celle des terrains pliocènes de l’intérieur : ils se composentessentiellement de quartz blanc, jaune, brun noirâtre, mêlé à quelquesdébris de grenats, à des traces de fer oxydulé, à de rares fragments decoquilles ; çà et là le sable est assez gros pour prendre un aspect de gravier :c’est ce que l’on remarque surtout près de l’issue des cours d’eau.
L’érosion de la côte est en quelques endroits assez rapide pour qu’onpuisse la remarquer à l’œil nu : à chaque recul de la vague qui vient battrel’eslran, on constate que la plage s’est rétrécie d’un liséré de grains de sable.En reculant ainsi vers l’est, la côte révèle tout ce qu’elle contient, et l’onpeut étudier, non-seulement la structure géologique du sol primitif deslandes, mais aussi les débris de son ancienne végétation et de ce qui lerecouvrait jadis. On a pu reconnaître aussi (pie l’homme habitait la contréeoù la masse des dunes déroule actuellement ses Ilots de sable. En effet, destraces irrécusables de l’industrie humaine se montrent çà et là sur lesétroites laisses de mer qui limitent la base occidentale des dunes. Près dela pointe de la Négade, au sud des plages de Soulac , ce sont les restes d’unfour autour duquel sont épars d’innombrables débris de poterie témoignantd’une assez grande habileté pratique; ailleurs, ce sont des troncs de pins,des bois à demi carbonisés, des cendres, des amas de goudron, et d’autresvestiges dont l’ensemble rappelle tout à fait l’aspect des campements actuelsdes résiniers. En d’autres endroits, on voit des fossés, des pas d’hommeset d’animaux empreints sur les couches d’argile que le sable des dunes,emporté par le vent, vient de laisser à découvert. Nulle part cependant lespreuves de l’ancien séjour de l’homme ne sont plus fortes que sur les plagesde la Grave et de Matoc, au sud de l’entrée du bassin d’Arcachon . Là lesenvahissements incessants de la mer, qui vient saper la base des dunes,mettent à nu des bancs d’alios, des tourbières, des couches d’arbresabattus, portant des marques incontestables du travail humain ; desbriques, des poteries brisées couvrent le sol ; les stigmates de la hache sevoient sur des troncs de pins à demi engagés dans la tourbe et se distin-guant comme autrefois par leur odeur résineuse; on a même remarquédes empreintes de souliers armés de clous et semblables à ceux que portentencore de nos jours les paysans landais.
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