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Livre II. La France.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

la fabrication de l’acier; mais la destruction rapide des forêts, la difficulté des chemins,l'inclémence du climat, la concurrence des fers anglais et le maintien des anciennescorporations du moyen âge, avec leurs restrictions de toute espèce, diminuent la valeurrelative du travail métallurgique à Vie de Sos et dans les hameaux voisins : l’in-dustrie a dû se déplacer vers les villes de la liasse Ariége, Foix et Pamiers . Seulparmi les départements pyrénéens, l'Ariége a un rôle industriel d'une certaine importancepar sa production minière. 11 s'y trouve aussi, dans les environs de Tarascon , d'inépui-sables carrières de plâtre.

Les eaux des deux Ariéges , réunies au-dessous de la vieille et pittoresque tour deTarascon , ne rencontrent d'autre ville qu’à une quinzaine de kilomètres plus bas, à l'issuede la vallée de l'Arget : c’est là que se trouve Foix , la petite cité qui sert de chef-lieu audépartement. Elle groupe ses maisons inégales sur une berge escarpée de la rive gauche,au pied d’un rocher aux parois verticales, que continuent les murs et les hautes toursdu château de Foix, devenu fameux par tant de faits historiques et par tant de dramessanglants; quand les oubliettes en ont été explorées, on les a trouvées pleines d’ossementshumains : c’étaient ceux des Albigeois condamnés par l’Inquisition.

Foix , quoique dépassant à peine 400 mètres d’altitude, est encore en plein pays demontagnes; pour sortir de ce bassin supérieur, l’Ariége doit s’ouvrir un chemin par unesuccession de défilés à travers la chaîne des petites Pyrénées .' En aval de ces gorges,les communications naturelles deviennent faciles, et c’est précisément à l’endroit où lesvoies les plus courtes de la haute vallée de Fllers à celle de l'Arize se croisent avecle cours de l'Ariége que s’est élevée la ville épiscopale de Pamiers , la cité la plus consi-dérable du département, celle qui sait le mieux utiliser Je 1er de la montagne dans sesusines et qui recueille le plus de denrées agricoles : en peu de régions de la France laterre se vend plus cher. Les campagnes qui s’étendent, au nord vers Saverdun, aunord-est vers Mazères, et qui entourent la curieuse colline argileuse de Montaut, pareilleà une île, ont l’horizontalité d’un lac, et la terre végétale y repose sur des couchestrès-épaisses de cailloux roulés. Évidemment le sol a été d’abord creusé par les eauxjusqu’à une grande profondeur tout autour de la butte, puis rempli partiellement dedébris arrachés aux flancs des montagnes.

La vallée de l'Hers, dont les eaux s’unissent à l’Ariége en amont de Cintegabelle, prèsdes ruines de l'abbaye de Boulbonne, est une des plus remarquables des Pyrénées parle charme de ses hauts vallons. La grande forêt de Bélesta, surtout composée de sapins,la puissante source de Fontestorbes, jaillissant d'un majestueux portail et coulant pendantles sécheresses par intermittences d’une demi-heure environ, les ruines du château deMontségur, dont les défenseurs albigeois furent brûlés en 1244 sur un gigantesque bû-cher, le pic de Saint-Barthélemy, le sommet redoutable oû l’on célébrait jadis des messesaccompagnées de rites mystérieux ‘, des lacs, des grottes, des entonnoirs où se perdentles ruisseaux, ont fait connaître cette admirable contrée. Les bords de l'Hers et de sesaffluents ont une certaine importance industrielle. Lavelanet , la Roque-d’Olms, Mirepoixpossèdent de nombreuses fabriques de draps et d’autres étoffes. A l’autre extrémitéde l’arrondissement de Pamiers, l'Arize, affluent direct de la Garonne , arrose une autreville assez active, le Mas d’Azil, bâtie à l’issue de la fameuse caverne du Mas, oû grondentles eaux de la rivière.

La partie occidentale du département, l’ancien Couserans , est celle dont les habitantsont le plus gardé les anciennes mœurs. Les hautes vallées du Garbct, de Salau,d’Esbinths, de Betmale, célèbre par la beauté de ses femmes, de Biros, 'de la Ballongue,

1 Astruc, Mémoires pour l'histoire naturelle du Languedoc , t. H, p. 518.