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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
source jusqu’au-dessous de Gaillac , suit aussi une direction qui semblerait devoir lafaire déboucher vers Toulouse ; enfin, avantage bien plus grand encore, la métropole duLanguedoc se trouve dans une position tout à fait centrale au milieu de cette largedépression qui s'étend à la base septentrionale des Pyrénées et met en communication lesrivages de la Méditerranée avec ceux de l'Atlantique. Pendant près d'un siècle, de 418 à507, Toulouse a été la capitale du royaume des Yisigoths, c’est-à-dire d’un territoirecomprenant la péninsule ibérique et un tiers de la France ; néanmoins elle n’a pas encoreet n’aura pas de longtemps une issue commerciale vers l'Espagne : les trois lignes dechemins de fer qui rayonnent de la ville dans la direction des Pyrénées s’arrêtent dansles hautes vallées de l'Ariége, du Salat et de la Pique, à Tarascon , Saint-Girons etBagnères .
Actuellement Toulouse occupe, par le nombre de ses habitants, le sixième rang parmiles villes de la France ; en y comprenant le faubourg de Saint-Cyprien, situé sur la rivegauche de la Garonne , et d’autres quartiers avancés, elle recouvre environ 9 kilomètrescarrés de ses constructions en briques rouges, d'un aspect peu agréable pour la plupart,se continuant en longs faubourgs dans une campagne poudreuse. Ainsi qu'il convientdans une cité dont les habitants, héritiers d’un long passé de civilisation, ont gardé leursvieilles traditions municipales, le Capitole s'élève au centre même de Toulouse : c’est làque les habitants ont placé les bustes de leurs concitoyens illustres du Languedoc ,parmi lesquels on cite des hommes tels que Fermât , Dalayrac, Riquet, Lapeyrouse.Malheureusement tous les souvenirs des municipcs de Toulouse ne sont point des tradi-tions de grandeur et de liberté. Au moyen âge, la riche et intelligente cité du Midi eutà porter la peine de sa supériorité sur les villes du Nord : assaillie, ravagée, inondéede sang, elle dut se soumettre aux inquisiteurs qui venaient ériger les bûchers sur sesplaces pour extirper l'hérésie. Après de fréquents massacres, l'Inquisition , dont une rueporte encore le nom, s'établit d'une manière formidable à Toulouse , et peu à peu cesmêmes populations qui avaient été les plus libres de pensée devinrent les plus fanatiques.Comme il arrive souvent par une sorte de choc en retour, le peuple vaincu épousa lespassions du vainqueur, et les massacres pour cause de religion devinrent un spectaclefréquent. Toulouse conquit une renommée d’orthodoxie féroce. Elle eut le triste honneurdetre la dernière ville de France à torturer les hérétiques; en 1619, elle fit brûler lecélèbre Yanini, auquel nulle statue n'a encore été dressée sur le lieu même du crime ;en 1762, son parlement fit rouer vif Calas, un vieillard protestant dont Voltaire défenditglorieusement l'innocence. Privés de toute initiative sérieuse dans les travaux de la pensée,les Toulousains instruits durent employer trop souvent leurs loisirs à de simples tournoispoétiques, d'ailleurs fort anciens, comme ceux des Jeux Floraux.
Le plus remarquable édifice de Toulouse est l'église de Saint-Sernin, construite à di-verses époques, du onzième au seizième siècle, quoique dans son ensemble elle se dis-tingue par une rare unité de plan ; l'abside surtout est d’une grande élégance de style.La cathédrale Saint-Étienne, diverses églises et des maisons de la Renaissance sont aussides monuments à visiter ; enfin, l'une des principales curiosités de la ville est l’ancienSouvent Saint-Augustin, aux deux cloîtres emplis de verdure: c’est dans les salles etles galeries de ce bâtiment que sont renfermés les trésors du musée, objets d’archéologie,sculptures et tableaux. Quant à la bibliothèque, contenue aussi dans une ancienneconstruction monastique, elle possède des ouvrages fort précieux, mais elle est loin deprésenter aux hommes studieux les ressources que devrait avoir la deuxième ville univer-sitaire de France , une cité dans laquelle se trouvent réunis observatoire, facultés dessciences, des lettres, de droit, écoles de médecine, des beaux-arts, de musique, et denombreuses sociétés libres.