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Livre II. La France.
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TOULOUSE, HAUTES-PYRÉNÉES .

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Première ville commerciale du Midi languedocien, Toulouse en est aussi la première villeindustrielle. Le moulin du Bazacle, en aval d’une chaussée qui traverse le fleuve, est toutun monde renfermant une minoterie, une papeterie, des laminoirs, la manufacture destabacs. Le canal de fuite du moulin sert de moteur général à plusieurs autres usines,amidonneries, scieries, fonderies, filatures situées plus bas, entre la Garonne et un em-branchement du canal du Midi . Dans la partie d'amont, la longue île de Tounis estégalement couverte de moulins et de fabriques ; mais on sait que le courant auquel tousces établissements doivent leur incessante activité peut aussi, dans un jour de colère, lesravager et les détruire. Cette terrible loi de solidarité qui rattache le sort de la cité àl’économie forestière de la montagne met Toulouse en danger, et sa calamité récentelui impose, plus qu'à toute autre ville, le soin de montrer enfin continent on s’opposeradésormais à la fureur des fleuves.

Elle devrait aussi se créer dans les environs quelques-uns de ces grands bois si néces-saires à la respiration d’une métropole. Hors du Jardin des Plantes et des promenadespoudreuses, où le Toulousain peut-il aller se reposer du travail hebdomadaire? A peinequelques étroits bosquets envahis par la foule, comme celui de Blagnac , se montrent-ilsçà et là sur le bord de la Garonne 1 .

L'ancien Bigorre, dont le nom rappelle encore le séjour des Ibères, constitue la plusgrande partie du département des Hautes-Pyrénées , auquel ont été joints les Quatrc-Valléesau sud-est, une part du Nébouzan à l'est, des fragments de l’Astarac et de l’Armagnac aunord-est et au nord; en outre le département enferme à l’ouest une petite enclave desBasses-Pyrénées . La plus grande moitié de la circonscription appartient à la région deshautes montagnes, dont la crête, hérissée de pics de 2,600 à 3,500 mètres, se développeentre la France et l’Espagne; une partie de ses eaux s’écoule vers la Garonne , soit parla charmante Neste, soit par les rivières jaunâtres des plateaux avancés; mais au centre età l’ouest toute la contrée verse ses torrents et ses ruisseaux dans l’Adour ou le Gave. Lesplaines alluviales sont d'une extrême fécondité ; les eaux thermales des hautes valléescoulent avec autant d’abondance que celles des Pyrénées-Orientales et de l’Ariége et attirentchaque année un nombre d'étrangers beaucoup [dus considérable : de plus, le départementa des carrières de marbres fort appréciés et son industrie est assez active ; néanmoins sapopulation relative reste encore au-dessous de la moyenne

La grande vallée d’Aure, qui se développe en un vaste demi-cercle au sud et au sud-estdu massif pyrénéen dominé par l’Arbizon, et qui va rejoindre le bassin de la Garonne parune faille étroite ouverte à la base du plateau de Lannemezan , est l’une des plus remar-quables des Pyrénées , non par la grandeur sauvage des tableaux, mais par la grâce desvallons et la noble élégance des perspectives. La vallée d’Aure et les diverses valléestributaires, arrosées chacune par sa bruyante « neste », ont encore gardé dans presquetoute leur étendue leur aspect primitif, car elles ne possèdent point de ville. Arronu, lechef-lieu, n’est qu'une faible bourgade; Sarrancolin, le village le plus connu, à cause

1 Communes les plus importantes de la Haute-Garonne en 1872 :

Toulouse . .Saint-GaudensRevel.. . .

125.000 hab.5,700 »5,000 »

Yillemur.

Muret .

Bagnères-de-Luchon

5,300 hab.4,100 »5,800 »

* Superficie des Hautes-Pyrénées .

4,529 kilom. carrés.

Population en 1872.

255,150 habitants.

Population kilométrique.

52 habitants.