SALIES, MAULÉON, BAYONNE. 1A9
de Briscous s’épanchaient en marécage, dont l'eau saumâtre allait se confondre avec cellede la rivière Ardanabia 1 .
Les communes les plus populeuses de l’intérieur du pays Basque, dans les vallées duSaison, de la Bidouze, de la Joyeuse, de la Nive et de la Nivelle, n’offrent pour la plu-part rien de curieux, si ce n’est la position pittoresque de leurs hameaux épars aumilieu des arbres. Mauléon-Licharre, ancienne capitale de la Soûle et chef-lieu d’arron-dissement, a son ancien château du a Mauvais Lion » et son pont gracieux, aux arcadesogivales festonnées de lierre ; Ilasparrcn, entourée de vastes landes, a ses nombreuxateliers de cordonnerie, ses fabriques de draps ; elle existait du temps d’Auguste , et l’ony a trouvé une inscription devenue célèbre, constatant que son municipe obtint de l'em-pereur que la Novempopulanie serait distincte de la Gaule . Saint-Jean-Picd-de-Port a sapetite forteresse qui domine les débouchés des trois Nives, d’Arnéguy, de Béhérobie, deLauribar : de là son nom de « Pied-de-Port ». Le plus célèbre des « ports » dont elledéfend l’entrée est celui de Roncevaux ; un faubourg, Uhart-Cize, situé entre les deuxNives d'Arnéguy et de Béhérobie, rappelle encore le fameux <t délilé de Cizre » dontparle la chanson de Roland et que l’on désigne aujourd’hui par le nom de Val-Carlos .Près de Saint-Jean-Pied-de-Port est une de ces colonies de « cagots » sur lesquels on atant discuté, mais que la plupart des historiens s’accordent maintenant à considérercomme les descendants des Yisigoths. Jadis on les tenait en grand mépris et la traditionpopulaire les disait issus des porcs ; néanmoins ils sont en général intelligents, forts etd’une santé florissante : les familles de cagots sont beaucoup plus saines et plus bellesque celles de leurs voisins d’autres races 2 * * .
La vie du pays Basque et de la basse vallée de l’Adour s’est portée principalement surle littoral. Bayonne, longtemps la supérieure et maintenant encore l'égale de Pau parl'importance de sa population, la dépasse de beaucoup par l'industrie et le commerce.Quoique forte place de guerre, entourée de murs et dominée au nord par une puissantecitadelle, Bayonne semble une ville ouverte, grâce à scs promenades, à ses places et auxlarges espaces de lumière que lui ménagent vers l'horizon la Nive et l’Adour ; les maisonsde la ville, peintes, à l'espagnole, de couleurs diverses, contribuent aussi à lui donner unair de gaieté ; sa cathédrale, édifice gothique du douzième et du treizième siècle, est undes plus remarquables édifices du midi de la France. Comme cité maritime, Bayonne estencore loin d'avoir toute l’activité que semblerait devoir lui assurer sa position versl’angle du golfe de Gascogne, entre Bordeaux et Bilbao : les périls de la mer de Biscaye ,les obstacles si difficiles à surmonter que la barre d'entrée de l’Adour oppose auxnavires, les réglementations gênantes imposées par les chefs militaires, les avantagesqu’ont en revanche les négociants à expédier directement par le chemin de fer leursmarchandises sur l’Espagne ou sur Bordeaux , enfin le génie particulier des nombreuxjuifs espagnols et portugais de Bayonne , moins aptes au commerce maritime qu’auxaffaires de banque 5 , n’ont laissé à Bayonne qu'un rang peu élevé parmi les places com-merciales de la France ; récemment toutefois, le port a été relativement actif à cause dela guerre qui forçait le mouvement des échanges à prendre la direction de la mer*.Quant aux petits havres du littoral basque, Guethary, Saint-Jean-de-Luz , ils n’ont
1 Production moyenne du sel dans les Basses-Pyrénées. 11,000 tonnes.
2 De Rochas, Notes manuscrites.
5 Israélites de Bayonne , d’après le recensement de 1872 . 794 personnes.
» » d’après les registres du grand rabbin. 1,520 »
Mouvement du port de Bayonne : 1874. 1,544 navires jaugeant 144,127 tonneaux.
1875. , . , , 1,400 » i> 164,527 >>
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