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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
enfuies dans les iissures des rochers ; on les a même vues parfois disparaîtreen entier*, mais elles reparaissent plus bas en d'innombrables sources, lesunes jouant avec le sable des plages qu'elles soulèvent en ombelles, lesautres s’élançant de la roche en un lilet transparent ou jaillissant du lilen gros bouillons qui rident la surface. A l’issue du délilé, la ri\ièro arecueilli de nouveau toutes ses eaux égarées. C’est là que le bel aqueduc,romain à trois rangs d’arches, dit le « Pont du Gard », vient traverser lavallée, qui s’harmonise si bien avec lui par la forme monumentale de sesrochers et le profil net des coteaux environnants. L’aqueduc portait autrefoisà A'emausus l’eau de la fontaine d'Eure qui naît près d’Uzès ; sans douteon aurait pu lui rendre facilement son ancienne destination, niais Aimesa préféré s’abreuver directement au Rhône par un canal qui lui donne unequantité d’eau pouvant s’élever à 50,000 mètres cubes, soit 500 litres parhabitant et par jour. Le Pont du Gard , auquel une route moderne estaccolée, n’est plus utile dans ses arcades supérieures que par sa beautémême : il impose par la puissance de sa construction; mais les architectesmodernes, qui, non loin de là, ont surmonté les Cévennes par un cheminde fer, n’ont point à craindre de comparer aux travaux des Romains’leurspropres ponts et leurs viaducs, quoique un soleil de deux mille années n’enait pas encore doré les pierres.
La Durance, qui s’unit au Rhône à quelque distance au-dessous d’Avignon ,peut être considérée comme un fleuve presque indépendant, car elle eutson existence distincte pendant une longue période géologique. Relevée àl’ouest par un barrage naturel, reste de l’istlnne des Alpines et du Léberonqui se rejoignaient jadis, elle suivait, au nord des collines de Yernègues,la vallée que parcourt aujourd’hui le canal de Roisgelin, coulait au sudpar le pertuis de Lainanon, c’est-à-dire à "20 mètres plus haut que sonniveau actuel, et débouchait dans le golfe de Fos : on voit encore de chaquecôté du détroit de Lainanon les tufs déposés par la Durance 5 . Toutefoisquelques géologues 5 nient encore l’existence de cet ancien courant. Ce quiest certain, c’est qu’un bras de la rivière, issu du défilé d’Orgon , s’ouvrit unchemin à l’ouest et creusa d’avance le lit dans lequel passe maintenant lecanal des Alpines ; enfin un autre bras, se séparant de la Durance actuelleen aval de Chàteaurenard , empruntait le large détroit ouvert entre legroupe des Alpines et l’àpre massif de la Montagnelte : la roubine desLûmes et le canal du Mgueirat dessinent approximativement le cours de
1 Onésime Redus, Géographie de la France, ji. 254.
! Magnol, Statistique des Bouches-du-Rhône , t. I, p. !I0.
° Coquand, Bulletin de la Société géologique de France, 1" mars 18(59.