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Livre II. La France.
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DURANCE.

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l’ancienne rivière. Il est possible que celle-ci ait été, à la même époque etpar ses différents bras, à la fois un affluent du Rhône et un fleuve distinctcoulant directement à la mer.

Comme l’Isère, la Durance est fille des grandes Alpes , quoique ses pre-mières eaux, issues, sous le nom de Clairée, des pâturages et des rochers dela vallée de Nevache, au nord-ouest du mont Genèvre, ne soient pointgonflées en été par la fonte des neiges et des glaces: c’est plus bas seulement,en aval de Briançon , que la Guisanne et la Gironde lui apportent le flotabondant descendu des glaciers de l’Oisans, les Arsines , le Blanc, le Noir,le Célé, et d’autres encore. Toutefois la fusion des glaces ne suffit pointà maintenir une masse d’eau considérable dans le lit de la Durance pendantles ardeurs de Tété. Jusqu’à son confluent avec le Rhône , ce cours d’eaugarde ses allures de torrent, tour à tour roulant à lui seul autant d’eauque tous les fleuves de France réunis, et réduit à d’étroits filets serpentantau milieu de champs de pierres, « véritables craus, » larges d’une demi-lieue ; des îles ou « iscles » couvertes de saules et d’autres arbres se succè-dent régulièrement entre les petits courants partiels et leurs lits de pierre.Le travail d’érosion et de comblement qui s’opère dans toutes les vallées flu-viales n’a pas encore eu le temps de donner à la Durance une courbe des-cendante d’une régularité parfaite; mais tous les anciens lacs de son par-cours ont été remplis d’alluvions, soit dans la période moderne, soit auxâges glaciaires, soit plus anciennement encore : tel est le vaste bassin quis’étend en aval de Sisteron jusqu’à la bouche du Yerdon, et où se trouventles falaises terreuses des Mées, si étrangement sculptées en colonnes, enpiliers, en obélisques, comme le Montserrat de la Catalogne . D’ailleurs laDurance ne se jetait pas encore dans ce lac pendant l’époque tertiaire, cardans les couches qui datent de ces âges on n’a pas trouvé une seule despierres diverses qui appartiennent spécialement à la région des Hautes-Alpes ; le torrent n’eût pas manqué de les charrier s’il avait déjà pu selibérer des bassins supérieurs en perçant les barrières de montagnes quile retenaient 1 .

Partout fortement inclinée 3 , la Durance n’est pas même navigable dansla partie inférieure de son cours, quoiqu’elle ait 580 kilomètres de dévclop-

1 Scipion Gras , Statistique de Vaucluse , p. 257

a Régime de la Durance :

Distance.

Différence d’altitude.

Pente par kilom

De Briançon à Embrun .. . .

. . 42 kil.

459 inèt. (1,249-790)

Il met.

D’Embrun à Sisteron .

. . 77 »

324 »

(790-406)

4 »

De Sisteron à Pcrtuis.

. . 85 »

254 »

(406-212)

5 »

De Pertuis au confluent. . .

. . 09 y

199 »

( 212-15)

2,8