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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
peinent, et que sa portée moyenne de 550 mètres à la seconde pût suitireailleurs à maintenir vingt rivières en état de navigation 1 . Les documentsdu moyen Age prouvent cependant que la ville de Perluis avait autrefois unport sur la Durance, mais que les bateaux ne pouvaient pas remonter audelà. Il faut en conclure que des barrages naturels placés en aval soutenaientalors le niveau d’une partie de la rivière et la changeaient ainsi en biefde navigation; de même, il est probable qu’au dixième siècle ce coursrégulier des eaux était interrompu par une cataracte dans les gorges deMirabeau. On peut juger des changements rapides qui s’opèrent dans lelit fluvial par ce fait, que dans l’espace d’un demi-siècle la Durance seserait abaissée de 5 mètres (?) au-dessous du fond du canal de Roquet, danslequel on avait jadis dérivé un blet d’eau 2 . Comme les Dorons de laSavoie et les Doires {Dore) de l’Italie , auxquelles elle ressemble par sonnom, la Durance n’est utilisable que pour l’arrosement des campagnes.Ainsi que l’a calculé M. Hervé-Mangon, les 18 millions de tonnesde limon qu’entraîne la rivière contiennent autant d’azote assimilable que100,000 tonnes d’excellent guano et autant de carbone que pourrait enfournir par an une forêt de 40,000 hectares d’étendue. L’irrigation,c’est donc là le grand rôle de la Durance. Au nord d’Aix et de Marseille ,quand elle a déjà reçu son affluent le plus considérable, le Verdon , etqu’elle vient d’échapper au défilé de Mirabeau, où la traverse un pont de150 mètres seulement, la Durance est complètement constituée commemasse d’eau ; elle n’a plus que de faibles courants à recevoir, mais elle abeaucoup à donner. Sa large vallée, qui se développe vers l’ouest et lenord-ouest, parallèlement au rivage de la mer, mais à une distancemoyenne de trente kilomètres, est bordée de cultures qui seraient brûléespar les chaleurs de l’été si elles ne recevaient une quantité d’eau suffisantepour entretenir leur sève. Mais par delà les coteaux et les montagnes quis’élèvent au nord et au sud, toutes les campagnes sont également altérées:l’eau du ciel ne suftit pas ; il faut y subvenir par l’irrigation. Un premiercanal, celui de Marseille , prend 7 mètres cubes d’eau à la Durance, au sudde Pertuis; suivant d’abord une ancienne dérivation naturelle, il contourneà l’ouest les chaînes de la Trevaresse et d’Éguilles, traverse la vallée del’Arc à Roquefavour, sur un aqueduc que l’art moderne-peut opposer à tout
1 Débits extrêmes de la Durance :
Grande crue.
Bas étiage. ..
Proportion de la crue à l’étiage.
9,2 40 mètres cubes à la seconde.
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