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Livre II. La France.
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ÎUIONE ET CANAL DE SAINT-LOUIS.

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vents du large, soufflant en moyenne pendant 120 jours de l’année, nerendent pas l'embouchure complètement impraticable. Nul courant littoral,semblable à celui que Montanari avait imaginé jadis, n’emporte les eauxchargées de troubles dans la direction de l’ouest ; les alluvions se déposentau devant des bouches, et la barre, toujours déplacée, doit toujours sereformer i .

Il a donc iallu recourir au creusement d’un canal artificiel permettant

aux navires d’aller directement de la mer aux eaux profondes du Rhône .A l’époque romaine, Arles , beaucoup moins éloignée de la mer qu’au-jourd’hui, pouvait communiquer avec la Méditerranée par une suite d’é-tangs, dont Marius, il y a bientôt vingt siècles, avait fait abaisser les seuilspour faciliter la navigation maritime. Mais les atterrissements ont comblépeu à peu ces étangs, et le canal latéral d’Arles à l’étang de Bouc et au golfede b os, qui remplace les Fossæ Mariaux, n’a que 2 mètres de profon-deur : il ne peut servir qu’à la batellerie. Après de longues discussions,et grâce à l’invincible persévérance d’un homme dévoué à son idée, M. Ilip-

polyte Peut, il fut enfin procédé, en 1805, au creusement d’un canal degrande navigation qui évite aux bâtiments les dangers et les bas-fonds.Celte voie nouvelle, d’une profondeur de 0 mètres, commence près de latour de Saint-Louis et se dirige à l’est, par la ligne la plus courte, vers unepartie du golfe de Fos, dite l’anse du Repos à cause de l’abri qu’y trouventles navires. Rien n’empècherait désormais le mouvement commercial dese porter vers le nouveau canal, et le grand bassin de 14 hectares creuséprès de la tour de Saint-Louis pourrait être rempli, s’il ne fallait pas aucommerce autre chose qu’un simple mouillage pour ses navires. Maisdéjà la ville naissante de Saint-Louis, peuplée seulement de trois ouquatre cents personnes, se met en mesure d’attirer vers son canal une partdu grand trafic de la Méditerranée. À côté du bassin, le rivage du Rhône est lui-même bordé de quais sur quelques centaines de mètres de manièreà pouvoir servir de port à des navires calant de 5 à 6 mètres ; les bancsde sable du lit fluvial ont été partiellement déblayés, et d’Arles à Saint-Louis, le chenal, profond de près de 5 mètres, est très-suffisant pour lescaboteurs d’Arles et les bateaux du Rhône supérieur; la flotte de chalandset de remorqueurs qui doit servir d’intermédiaire à la navigation maritimecommence à se former; un entrepôt, construit à Saint-Louis, est tout prêtà recevoir les marchandises. L’œuvre' principale qui reste à taire est deposer enfin les rails du chemin de fer qui doit mettre le port en communi-

1 Ernest Desjardins, Aperçu historique sur les embouchures du Rhône *