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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
cation avec le réseau français . Les marécages des environs ont été signaléscomme devant empêcher à jamais la population d’affluer vers le havrede Saint-Louis; mais la mortalité des habitants du village n’est pas supé-rieure à celle des Arlésiens, et les moyens dont la science dispose aujour-d’hui permettent d’assainir complètement les terres par le drainage et lesplantations. Près du canal lui-même, il existe des fermes en plein rapport.En réalité, le plus grand obstacle à la prospérité future de Saint-Louis doitêtre cherché dans les jalousies d’intérêt. Marseille verrait avec déplaisirsurgir à la bouche même du Rhône une rivale mieux située qu’elle pourimporter du Levant, de l’Egypte et de l’Algérie le bétail, les minerais de fer,les marbres, les blés, les cotons, les marchandises encombrantes, et pourexporter les houilles, la chaux, les pierres de taille, les fers ouvrés, lesproduits fabriqués de tous genres ; même la petite ville d’Arles craint devoir son faible trafic se déplacer vers le canal, qui pourtant l’enrichirait denouveau; enfin la puissante compagnie des chemins de fer de Paris à laMéditerranée, dont les intérêts sont contraires à ceux de la navigationfluviale, et qui veut garder le monopole du transport sur ses voies, entre-tient avec soin ou suscite même les hostilités.
On a pu croire aussi qu’un réel danger menaçait l’avenir du canal deSaint-Louis avant même qu’il fût possible de l’utiliser sérieusement.La comparaison des sondages opérés en 1841 et en 1872 établit que laprofondeur moyenne du golfe de Fos, où vient aboutir le canal, diminuegraduellement, et même depuis l’ouverture du port les fonds marins seseraient notablement exhaussés par suite de l’apport des alluvions duRhône . L’eau de mer serait moins saline, et parfois les troubles du fleuvese remarqueraient jusqu’aux approches du port de Roue , sur la côte orien-tale du golfe. Les poissons de mer seraient devenus rares dans ces parages,et les cirrhipèdes ou berniques, autrefois fort communs sur les écueilsvoisins, auraient complètement disparu; par contre, des poissons du Rhône viennent se faire prendre dans les filets du Bouc et servent à l’alimentationde Marseille : l’évaporation fort active qui se produit à la surface de l’étangde Berre forme un foyer d’appel qui entraîne un courant vers le port deBouc, et l’eau du Rhône, plus légère que celle de la Méditerranée , glisseavec ses poissons par-dessus l’eau saline, à travers toute la largeur du golfe.En conséquence, des ingénieurs ont cru qu’il pourrait devenir nécessairede prolonger le canal de Saint-Louis vers le sud-est pour lui assurer uneentrée suffisamment profonde. Mais n’a-t-on pas le moyen bien plus simpleet plus efficace de rejeter autre part les alluvions du grand Rhône ?Le grau de Roustan, fermé seulement depuis un quart de siècle, ne