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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
l’est de la rade, qui présente des fonds d’excellente tenue variant de G à10 mètres, se prolonge un véritable brise-lames sous-marin interrompu dedistance en distance par des brèches : ce banc de calcaire, enraciné aupromontoire, pourrait servir de base au grand môle d’abri 1 .
A l’exception du cap d’Agde , les anciennes îles rocheuses rattachées aucontinent par le progrès des alluvions fluviales, Leucate , Sainte-Lucie oùse trouvent des ruines romaines, les arides monts de la Clape, le promon-toire de Cette, sont des calcaires crétacés ou jurassiques, comme ceux del’intérieur; mais les collines d’Agde étaient jadis des volcans insulairescomme Yolcani et Stromboli ; elles semblent terminer au sud la série descheminées de vapeurs et de laves qui commence en Auvergne par le Courde Tazanat. De loin, la montagne est loin d’offrir cette régularité de formesqui distingue la plupart des cônes volcaniques: son profil présente unesérie de croupes arrondies, que le Saint-Loup domine comme une sortede dôme. Il faut gravir cette hauteur, superbe observatoire d’où l’on peutcontempler tout le littoral de la Méditerranée, des bouches du Rhône auxpromontoires pyrénéens, pour voir s’ouvrir à scs pieds l’ancien cratèreébréché dont les pentes recouvertes de vignobles s’inclinent du côté dela mer. Des coulées de lave se sont épanchées dans toutes les directions :l’une d’elles forme le cap d’Agde et, se continuant par-dessous les flots,reparaît à la surface par l’îlot de Brescou ; une autre, descendant au nord-ouest, s’étale en large digue dans la plaine et porte la plus grande partiede la ville d’Agde . Les intempéries ont beaucoup adouci les arêtes deslaves et la végétation lésa recouvertes d’humus et de verdure; néanmoinsle volcan d’Agde est certainement d’un âge récent; peut-être même vomis-sait-il encore des laves du temps de nos ancêtres les Yolkes Arékomiques;mais son repos dure au moins depuis vingt-cinq siècles, car aucune traditionne parle de ses crises. Quelques petits volcans de moindre importance s’élè-vent dans les environs, cà l’ouest du cours de l’Hérault . A l’est, la petite gib-bosité du sol qui porte l’église de Maguelone est aussi d’origine volcanique 8 .
Avant que les alluvions des rivières eussent rattaché les îles calcaireset le volcan d’Agde à la terre ferme, la configuration du littoral étaittout autre. L’ancien tracé de la côte est vaguement indiqué par lescontours des collines et des rochers autour desquels se sont formées lesplaines. Même des restes de la mer d’autrefois occupent encore unepartie de l’espace limité au large par le cordon des plages : ce sont lesétangs, golfes à demi comblés, mais toujours périlleux pour les petites
* Ch. Lenthéric, Villes modes du golfe de Lyon .
2 De Rouville, Ch. Marlins, Topographie géologique d'Aigues-Morles.