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embarcations à cause de leurs vagues clapotcuses, que soulèvent tantôt lemistral, tantôt les vents du sud. Cette chaîne d’anciens golfes, réduits à desimples mares et à des marécages, commence dans les Pyrénées-Orientales ,au pied môme des Albères et des Aspres; mais, au nord de la plaine dePerpignan, le massif des Corbières est disposé de façon à barrer le cours auxrivières de l’intérieur : celles-ci s’écoulent vers le nord et vers le sud, etquelques étangs du littoral se trouvent protégés contre l’accès des alluvions.Celui de Leucatc a donc pu conserver ainsi une étendue notable, qui varie deprès de 6,000 à plus de 8,000 hectares, suivant les périodes d’assèchementet d’inondation. D’ailleurs aucun sédiment qui puisse contribuer au comble-ment de la petite mer intérieure n’est apporté par ses principaux affluents,qui sont les deux sources de Salses , si fameuses du temps des anciens. Cesdeux rivières souterraines, appelées aujourd’hui Font-Dame et Font-Estramer,jaillissent à gros bouillons de la base d’un rocher calcaire, mais elles ne sontpoint composées d’eau douce comme la plupart des sources de ce genre ;elles roulent une eau presque identique à celle de la mer par sa compositionchimique 1 . A côté de l’Estramer, des roseaux (phragmites gigantea) d’uneespèce que l’on ne rencontre point ailleurs en Europe s’élèvent au-dessusde l’étang jusqu’à 6 mètres de hauteur*.
A l’est de l’Hérault , toute la partie du littoral comprise entre les couléesde lave du volcan d’Agde, la colline de Cette et les hauteurs de Frontignan ,dites montagne de la Gardiole, se trouve presque entièrement en dehors del’action des rivières, et par suite, ne recevant que peu d’alluvions, elle agardé un lit marin d’une assez grande étendue, occupé par l’étang de Tliau(Taphrus), le plus important de tous à cause de sa profondeur, des villesqui le bordent et de la navigation qui se fait sur ses eaux, souvent agitées parla tempête : on lui aurait, dit une étymologie probablement erronée, donnéle nom symbolique de Taurus ou Taureau pour le comparer au Lion rugis-sant des eaux extérieures; beaucoup d’embarcations ont été brisées sur lerécif de Roquerol, entre Celte et Balaruc. Cette petite mer de 7,500 hec-tares de superficie permanente n’est séparée en maints endroits de la Médi-terranée que par une étroite plage qui frémit à la fois sous le choc des va-gues marines et sous celui des flots plus courts de l’étang. Sa libre commu-nication avec la haute mer est réglée par un grau muni d’écluses et changéeu canal de navigation : c’est la principale bouche méditerranéenne dugrand canal du Midi, dont l’estuaire de la Gironde est l’extrémité océa-nique. En outre, un chenal dragué dans l’étang et dans tous ceux qui le
1 Anglada, Traité des eaux minérales des Pyrénées-Orientales.
2 L. Companyo, Histoire naturelle des Pyrénées-Orientales , tome I, p. 189.