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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
Le « Port Sarrasin » était un des marchés les plus actifs de la Médi-terranée lorsque Charles-Martel , poursuivant les Maures vaincus, dé-truisit complètement la malheureuse ville. Relevée de ses ruines etrattachée au continent par une série de dignes et de ponts qui avait aumoins deux kilomètres de longueur, Maguelone devint une sorte de répu-blique présidée par un évêque et reprit une grande importance commer-ciale ; mais ayant servi de place d’armes aux protestants, elle fut entière-ment rasée par ordre de Louis Xlll. 11 n’en reste qu’une haute église fortifiée,d’un superbe aspect, au milieu des sables et des vagues blanchissantes 1 .
À l’est des bouches du Rhône , les seules nappes d’eau qui ressemblentpar l’origine à celles du golfe du Lion sont les étangs de la Yalduc, d’En-grenier et quelques autres qui communiquaient jadis avec la mer par« l’Etang de la Bouche » (Stoma-Limne), dont le nom corrompu existeencore : c’est l'étang actuel de « l’Estomac », que des filtrations souter-raines maintiennent au niveau de la Méditerranée. Quant aux étangs d’En-grenier et de la Yalduc, ils ont été changés en bassins complètement fermés,soit par des bancs de sable qu’a formés le Ilot, soit par une poussée inté-rieure du sol, et par suite de l’évaporation, leur surface se trouve mainte-nant à près de 9 mètres au-dessous du niveau de la mer. Ce sont des Cas-piennes en miniature; les ruines du port, romain de Maritima, qui sevoient encore sur la rive orientale de l’étang de la Yalduc, témoignentpourtant de l’ancienne communication avec la mer. Les eaux de ces bassinsfermés varient en altitude et en salinité suivant l'abondance des pluies etles apports des canaux tributaires, mais en moyenne elles sont beaucoupplus lourdes que celles de la Méditerranée et donnent une quantité considé-rable de sel 8 .
Le grand lac intérieur connu sous le nom d’étang de lierre ne rap-pelle les étangs occidentaux ni par sa configuration, ni par l’aspect desterres qui l’entourent, lue côte rocheuse, et non pas une ilèehe de sable,le sépare de la Méditerranée. Au lieu d’être géologiquement une appari-tion passagère comme les étangs de Thau, de Maguelone, de Mauguio, ilappartient au relief général de la contrée : c’est un véritable golfe. 11 fautreconnaître que la non-utilisation de cette petite mer comme pert de refugeet de commerce est une sorte de scandale économique. Alors que sur lescôtes dangereuses on crée à grands frais des ports artificiels conquis sur
1 Eli. Lenthéric, Villes modes du golfe de Lyon .
3 Statistique du département des Bouches-du-Rliûne, tome I. p. 119 et suiv.