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Livre II. La France.
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CLIMAT I)ü LITTORAL MÉDITERRANÉEN.

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vent maître règne avec colère. La nuit il se calme, parce que le rivage s’estrefroidi par le rayonnement; à une certaine distance en mer, déjà même aux.îles d’IIyères, il est beaucoup moins fort que sur la côte continentale, àcause de la fraîcheur des eaux marines. Dans quelques vallées parfaitementabritées du nord par de hautes collines ou des montagnes, le mistral ne sefait point sentir; mais si ces vallées n’ont pas leur atmosphère renouveléepar les vents vivifiants de la mer, elles risquent fort d’être insalubres. Re-doutable comme il l’est, le mistral n’en est pas moins le bienvenu, car ilpurifie l’air des villes du Midi, trop souvent infectes et mal tenues. Unvieux dicton qui parle « d’Avignon la venteuse,— avec le vent fastidieuse,— sans le vent vénéneuse », est bien longtemps resté vrai à cause de lamalpropreté des rues, où naissaient les scrofules et le typhus. Les pestesqui, à diverses époques, ont fait tant de ravages en Provence ont pu êtreimportées d’Orient, mais le pays lui-même entretenait le fléau et luidonnait sa puissance.

Le contraste du littoral et des montagnes et le régime des vents qui enest la conséquence, donnent à toutes les pluies de la basse contrée, même àcelles qui durent plusieurs jours, un caractère essentiellement orageux.Quand il n’y a point conflit entre le mistral et les vents marins, ceux-cipassent au-dessus des campagnes de la côte sans y précipiter leurs vapeurs,et l’on voit les gros nuages chargés de pluie se diriger vers les montagnes,où ils se déchirent et s’écoulent en averses. Mais que la température s’a-baisse et que le mistral commence à souffler dans les régions supérieuresde l’atmosphère, aussitôt le conflit se révèle entre deux couches de nuéesd’électricité contraire. Dans les liantes régions de l’air les blancs cumulusélectro-positifs que pousse le mistral se dirigent au sud-est vers la mer,tandis qu’au-dessous courent en sens inverse les nuages marins chargésd’électricité négative. De la lutte de ces deux nappes aériennes naissentdes pluies soudaines et des orages qui restent souvent confinés dans leshauteurs de l’espace. Les variations, capricieuses en apparence, de l’élec-tricité' des airs expliquent les différences extraordinaires qui se produisentdans le régime des pluies sur le littoral méditerranéen. On peut dire, d’unemanière générale, que la précipitation aqueuse augmente graduellement de'la plaine vers la montagne et que les grandes pluies tombent en automne ;mais d’une année à l’autre la quantité d’eau pluviale peut varier du simpleau double dans une même localité, et tantôt septembre, tantôt octobre ounovembre, tantôt même février ou mars, sont les mois les plus riches eneaux d’averse L En comparaison du reste de la France , ce sont là des

* Ch. Martins, Répartition des pluies dans l'Hérault, Mém. de VAc. de Montpellier , t„ VIII, 1872.

ii.