NIMES.
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giand nombre. I.a Nemausus romaine, qui lut très-prospère, a laissé tant de monumentsque, de. toutes les villes de France, la Nîmes de nos jours a le mieux gardé son ancienaspect de cité gallo-romaine. Un de ses édifices, dit la Maison Carrée, est le templele mieux conservé qui existe au monde pour l'époque d'Auguste : si ce n'était de lateinte lumineuse de ses pierres dorées par dix-neuf siècles du beau soleil de Nîmes ,on pourrait le croire contemporain des constructions modernes qui l'entourent : pas unchapiteau ne manque à ses colonnes d’ordre corinthien, vraiment grecques par la grâceet l’élégance ; seulement les cannelures des l'ùts ont été çà et là rongées par les intem-péries, et les débris d'autres constructions ont tellement exhaussé le sol environnantqu’il a fallu le creuser pour dégager les abords du monument : on en a fait un muséede tableaux et d'antiquités, malheureusement trop étroit pour les richesses qu’il contient.Les arènes de Nîmes , où 2i,000 spectateurs pouvaient jadis s’asseoir à l’aise, devinrentau moyen âge tout un quartier de ville, dont la population se distinguait par des traitsspéciaux de mœurs et de langage ; elles ont été réparées à outrance, reconstruites pourainsi dire, et; chose douloureuse à confesser, elles servent encore à des combats sanglants :des toreros espagnols invités par les autorités nîmoises ont souvent fait montre de leurart devant la foule assemblée dans l'amphithéâtre. Les autres édifices romains de, Nîmes ne sont plus que des ruines : telles sont les portes d’Auguste et de France , la nef char-mante d’un ancien temple à demi effondré de Diane ou des Nymphes, qui s’élève à côtéde la Fontaine, sous l'ombrage des grands marronniers, et la Tour Magne, qui fut sansdoute un mausolée, et dont la puissante masse, dominant la colline et les jardins de lagrande source, signale la cité à plusieurs lieues de distance.
L'industrie de Nîmes est fort active. Au milieu du siècle dernier, les principalesfabriques étaient celles des tissus de soie ; de nos jours, ce sont les manufactures dechâles, de tapis, de foulards qui occupent le plus grand nombre d’ouvriers. Nîmes produitsurtout le « tapis velouté » pour l’ameublement, en se servant de procédés inventés parles fabricants du pays et restés en partie leur propriété. Toutes les qualités de tapis quisortent des manufactures de Nîmes , des plus fines aux plus communes, se distinguent decelles d'Aubusson par leur mode de fabrication entièrement mécanique : une fois le dessinétabli et les laines préparées, l’ouvrier reproduit indéfiniment le modèle, ce qui permetde vendre les produits à des prix beaucoup plus bas que les étoffes de même apparencedont il a fallu copier toutes les couleurs comme celles d’un tableau. Malgré tous seséléments de prospérité, l’industrie nîmoise est dans un état de crise provoqué en partiepar la perle des clients américains, qui maintenant fabriquent eux-mêmes, et par laconcurrence des manufactures d'Aubusson et de Beauvais , qui imitent avec succès lesproduits dont Nîmes avait autrefois la spécialité. Enfin la ville retenait naguère sesouvriers par l’extrême facilité de la vie, le bon marché des produits agricoles et surtoutdu vin, car elle était, après Béziers , l'entrepôt le plus considérable des gros vins duMidi ; mais le fléau du phylloxéra, qui force les agriculteurs à brûler leurs ceps de,vigne, peut avoir aussi les conséquences les plus graves au point de vue industriel endéplaçant les fabriques. Aux révolutions de l'agriculture correspondent toujours deschangements considérables dans le travail des villes. I) ailleurs on s’ingénie à surmonterla crise en découvrant de nouvelles industries. La vigne est remplacée par les céréales,elle le sera aussi par d'autres cultures. Les jardins de Nîmes produisent déjà une variétéde bambou chinois qui réussit parfaitement et qui est employée avec succès dans lafabrication des meubles légers de fantaisie, tables, chaises, tabourets, étagères. Cesbambous français sont déjà un article d’exportation pour la Grande-Bretagne.
Le port de Nîmes sur le Rhône, son point d'attache sur le grand fleuve du Midi , estla ville de Beauraire, l’ancienne Ugcrnum, la sœur jumelle de Taraseon. qui garde, avec