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Livre II. La France.
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paiement sur les talus de débris, iimmissent une part considérable des fameux « marronsde Lvon ». I.a population moyenne du département est à peu près celle du reste de laFrance ; elle a diminué pendant la dernière décade 1 .

Largentière, le chef-lieu de l'arrondissement occidental, qui confine au Gard , est unsimple bourg ayant perdu toute importance depuis (pie ses mines de plomb argentifère,exploitées jadis pour le compte des évêques de Viviers , ont cessé d'ètre productives : lesgaleries d’extraction creusées au-dessous des maisons et des jardins, et la vieille tour Argen-tière, où l’on déposait jadis le précieux métal, n’ont plus qu'un intérêt historique. Lamétropole naturelle de tout le bassin de la rivière Ardèche est maintenant la charmanteville d'Aubenas , bâtie sur un promontoire d’où l’on contemple un panorama fort étendu.File n’est pas encore rattachée au réseau des chemins de fer français , quoiqu'elle aitavec Marseille c-t Lyon un commerce très-considérable. Aubenas est nu des marchés régu-lateurs des soies grèges, et l'Ardèche se divise au bas de la colline en nombreuses« béalières » bordées d’usines, filatures de soie, mégisseries, papeteries. C'est dans levoisinage d'Aubenas , à six kilomètres seulement vers le nord, que jaillissent au bord d’unruisseau tributaire de l’Ardèche les nombreuses sources médicinales de Vais, très-appréciées depuis quelques années, et classées parmi les plus efficaces de la France pourle traitement de diverses maladies. Plusieurs milliers de baigneurs se rendent chaqueannée à Vais, attirés soit par l’excellence des eaux, soit par la beauté des sites environ-nants : c’est près de là que se dressent les volcans du Vivarais avec leurs « coupes »régulières, leurs colonnades basaltiques et leurs chaussées des Géants 2 .

Viviers, la ville épiscopale qui a donné son nom au Vivarais et où plus de 15,000 ha-bitants se trouvaient groupés au moyen âge, est une ville fort déchue ; mais vue duchemin de fer, qui passe sur la rive opposée du Rhône , elle présente un fort belaspect avec ses maisons en amphithéâtre, la cathédrale qui la domine, les vieilles fortifi-cations qui l’entourent et dont les tons rougeâtres se distinguent à peine de la couleurdes coteaux voisins. L’industrie de Viviers consiste surtout dans la préparation de lachaux hydraulique renommée du Teil , que l'on exploite plus au nord sur les collinesriveraines du Rhône et qui s’expédie par milliers de tonneaux à Marseille , à Cette et mêmeà l’étranger. Dans la vallée qui débouche à Viviers et qu’arrose le torrent d’Escoutay, estle village d’ Aps, que l’on croit avoir succédé à l’Alba Augusta des Gallo-Romains et quifut aussi une cité épiscopale; ses ruines, exploitées pour le musée de Privas , couvrentun espace considérable. Au sud de Viviers , une autre vieille ville, Bourg-Saint-Andéol,s’élève à une petite distance du Rhône , à l’endroit où la vallée fluviale commente às’élargir en plaine ; près de la fontaine de Tournes, qui jaillit de la base d’un rochervoisin en assez grande abondance pour animer plusieurs usines, on remarque sur la pierrevive un reste de sculpture grossière, qu'on dit avoir été faite en l’honneur de Milhra, etsur les plateaux de l’ouest sont érigés plusieurs dolmens.

En remontant la rive droite du Rhône au delà de Rochcmaure, dont le vieux château sedresse sur un bloc écroulé des plateaux supérieurs, on contourne la chaîne du Coironpour entrer dans la région septentrionale du département. C’est là, dans une vallée laté-rale, que se trouve Privas, devenu chef-lieu de l’Ardèche, bien que Louis XIII , aprèsavoir rasé ce « lieu maudit », eût fait défense de l’habiter désormais. Cette ville, de beau-coup l’inférieure d’Annonay par l'industrie et la population, a cependant des fabriques desoies et de draps, des tanneries et d’autres manufactures, et fait commerce avec toute la

Superficie de l’Ardèche . Population en 187:2. Population kilométrique.

1 5,527 kilomètres carrés. 580,500 habitants. 69 habitants.

2 Voir ci-dessous le chapitre qui traite du plateau Central.