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qui doit son nom au chanvre qu’on y cultivait jadis, se sont ajoutées d’autres avenues plusbelles; des édifices imposants, du moins par les dimensions, sc sont élevés çà et là etpermettent désormais aux habitants de ne plus accepter le reproche qu’on leur faisait,d'ignorer complètement les arts et de ne songer qu’à leurs savons et à leurs huiles. Detous les nouveaux monuments, celui qui allie le plus de grâce architecturale à la plusgrande originalité de construction est le musée de Longchamp, précédé de jardins et dejets d’eau. De l’église de Notre-Dame de la Garde, édifice de style byzantin, dont la hautetour aux assises blanches et noires alternantes se dresse au sud de Marseille , sur la collinela plus élevée, la vue est fort belle et très-étendue sur la ville, les ports et la mer parseméede navires et rayée de si liages.
Grâce à l’eau de la Durance, à la forme pittoresque des promontoires et aux découpuresdu littoral, les promenades de Marseille sont d'une rare beauté. Le Prado, admirableavenue de grands arbres, unit la ville à la mer, en passant à l’est du massif de collinesqui domine la rive méridionale du vieux port, et les châteaux, les villas, les parcs, lesjardins sc succèdent sur tout son parcours ; un de ses palais, le château Borély, renfermele beau musée des antiques. La promenade de la Corniche, plus belle encore, longe, surun espace de sept kilomètres, toutes les sinuosités du littoral : de ses courbes, rentrantesou saillantes, au panorama toujours changeant, on voit sous tous ses aspects le spectaclemerveilleux du golfe et de scs îles. Si cette promenade de la Cornicbe maritime, qui partmaintenant du faubourg des Catalans, se rattachait directement à Marseille par une avenuecontournant la péninsule du Pliaro, la métropole du Midi, dont les paysages sont encoreloin d'être appréciés comme ils le méritent, et qui n’est, guère connue à l’étranger quepar l’importance de son commerce, posséderait une des plus belles avenues du monde en-tier. Mais, pour terminer cette œuvre, il serait nécessaire de démolir le fort Saint-Nicolasqui barre à demi l’entrée méridionale du vieux port.
Marseille ne se borne pas à servir d’intermédiaire entre la France et les autres pays dumonde, elle contribue aussi directement à l’activité des échanges par sa propre industrie.Elle possède de grandes usines métallurgiques où se mettent en œuvre les minerais im-portés d’Algérie, d’Espagne, d'Italie et d’autres contrées étrangères ; pour le traitementdu plomb elle a plus d’importance que toute autre ville de France 1 ; elle moud les blésque lui expédient les ports de l'Orient 2 , transforme en produits manufacturés les semencesoléagineuses et les huiles diverses provenant des ports du Levant, de l'Inde, du Sénégal ,de 1 Amérique du Sud , tanne les peaux de chèvre achetées sur tous les bords de laMéditerranée, prépare les pâtes alimentaires, les salaisons, les conserves nécessaires auxmarins. I’ar l’une de ses principales industries, celle des savons, Marseille occupe depuisplus d’un siècle le premier rang dans le monde, et fournit à elle seule près de la moitiéde tout le savon qui se fait en France 3 ; pour les sucres, elle livre le quart des produitsde la contrée*. Elle ne donne plus à la marine l’élément par excellence, c’est-à-dire lesnavires eux-mêmes; mais si elle ne fait plus construire que de petites embarcations, ses
1 Plomb traité dans les Bouches-du-Rhône en 1873 : 15,600 tonnes; valeur 7,840,000 francs.