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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
armateurs demandent en partie leurs bâtiments aux chantiers de la Seync et de la Ciotat ,qui sont de véritables succursales de Marseille . La « rivière » de Gènes leur construitaussi un nombre considérable de navires ’.
Par le mouvement de scs ports et la valeur de ses échanges, Marseille est la premièreplace commerciale de la France et l’une des dix ou douze les plus importantes de la Terre .Mais son trafic est soumis à de grandes oscillations annuelles, car il consiste, pour une très-forte part, dans l’importation des blés, et suivant l’état de la récolte en France , cetteimportation, presque nulle dans certaines années, peut s’élever l’année suivante à plusieursmillions d'hectolitres. Après les céréales de l’Orient, de la Russie , des régions danu-biennes, les principaux objets île commerce qui constituent le fret d’importation sont lesbestiaux de l’Algérie, de l’Espagne et de l’Italie, les cotons de l’Inde et de l’Egypte ,les laines et les minerais de fer d’Algérie, les vins d'Espagne , les thés et les soies deChine, le pétrole des États-Unis, les bois du Canada, les cuirs de l’Amérique du Sud , leguano du Pérou, le sucre des Antilles , les cafés de la Côte-Ferme, les graines oléagineusesde diverses provenances, surtout de la côte occidentale d’Afrique. Naguère Marseille n’a-vait pas assez de lourdes marchandises pour en charger les navires qui lui apportaientces denrées; maintenant de 150 à 200 bâtiments d’un fort tonnage trouvent un char-gement de retour dans les ciments d’Aubagne , les tuiles et les carreaux de l’usine deSaint-Henry et les vins pris au passage à Cette et à Port-Vendrcs. Les négociants mar-seillais ont, en outre, dans les pierres des Alpes , les sels de la côte, les houilles desCévenncs, de très-précieux éléments de fret, mais les tarifs élevés du chemin de fer gênenttrop le transport, et les matériaux d’exportation n’arrivent pas en quantités suffisantes surles quais 2 .
On peut dire que Marseille n’est pas uniquement un port de la France . Grâce à la con-figuration de l'Europe occidentale, qui s’allonge dans l’Océan en forme do péninsule,la métropole de la Provence est également, dans une certaine mesure, un port de l’An-gleterre et des pays du Nord. Commercialement, la France entière est un isthme degrande largeur qu’empruntent les voyageurs et les marchandises pour éviter la longuecircumnavigation de la presqu’île ibérique par le détroit de Gibraltar. Marseille devientainsi un centre de convergence dont l’attraction se fait sentir, non-seulement de Bayonne à Dunkerque, mais encore sur les côtes de la mer d’Allemagne et dans les îles Britan-niques . Naguère les voyageurs désireux de gagner du temps n’avaient à leur disposition
1 Flotte des Messageries, des compagnies diverses et des armateurs de Marseille en 1874 :
Navires à voile. . . . 575 navires jaugeant 80,250 tonneaux.
Navires à vapeur... 210 » » 105,250 »
Total. 785 navires jaugeant 194,500 tonneaux.
2 Mouvement des navires (français pour les deux tiers) en 1875 :
Entrées. 8,757 navires jaugeant 2,527,200 tonnes.
Sorties. 8,670 >» » 2,521,750 »
Total. 17,455 navires jaugeant 5,048,950 tonnes.
Mouvement des voiliers.10,951 « » 1,770,750 »
» des vapeurs.. • • ■ 0,500 » » 5,048,950 »
Valeur du commerce maritime de Marseille en 1875 :
Importation . 869,524,000 francs.
Exportation. 887,128,000 »
Total, .
. 1,756,052,000 francs.