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sulfureuses attirent chaque année plusieurs milliers de malades, et le célèbre cornent dela Grande-Chartreuse, bâti dans un vallon boisé, entre des montagnes que l’on admire àbon droit à cause de la variété, de la grandeur et du charme de leurs sites. On sait quele couvent de la Chartreuse est un centre très-important pour la fabrication des liqueurs.
I.'Isère ne baigne point de ville importante à l'endroit où, sortie du défilé de Yoreppc.elle se recourbe au sud-ouest dans la direction de Valence. Toutefois la tète du delta «réolo-gique où se séparent les deux vallées de l'Isère , l'une qui est abandonnée depuis l’époqueglaciaire, l’autre que parcourent maintenant les eaux, est indiquée par la ville de Yoiron,située à 8 kilomètres au nord du cours actuel de la rivière. Yoiron a l'avantage de setrouver au point de jonction naturel des routes de Lyon, de Vienne et de Valence; aussiest-elle devenue fort commerçante, et les eaux de sa petite rivière, la Morge, font mouvoirles roues d'un grand nombre d’usines, papeteries, aciéries, tanneries, fabriques d’étoffes.La ville de Rives, située plus à l'ouest, sur le plateau de la Bièvre, est aussi fort indus-trieuse ; elle possède une papeterie fameuse, des aciéries, des filatures, et, dans les envi-rons, presque tous les paysans ont des métiers à tisser sur lesquels ils fabriquent lesétoffes connues sous le nom de « toiles de Yoiron ». La Côte-Saint-André, bâtie sur lemême plateau, possède également des manufactures, surtout de bougies et de liqueurs.Quant aux villes situées dans la vallée actuelle de l'Isère , en aval du défilé de Yoreppc,Tullius, Yinay, Saint-Marcellin , elles doivent leur principale richesse à l’extrême fertilitéde leurs campagnes. Saint-Marcellin , célèbre par scs fromages, est un chef-lieu d’arron-dissement.
La partie du département que borne le Rhône à l’ouest a pour capitale la ville fortanimée de Vienne, la deuxième de l'Isère par le nombre des habitants, mais la premièrepar les souvenirs historiques et les restes du passé, aussi bien que par l'activité manu-facturière. Vienne était déjà une cité populeuse avant l’époque romaine; Colonia .IuliaYiennensimn devint puissante au temps des Césars, et couvrit un espace considérable,non-seulement sur la rive gauche du Rhône , dans les vallées tributaires de la Gère et duVéga et sur les coteaux avoisinants, mais aussi sur la rive droite du fleuve, où se trouvede nos jours le petit village de Sainte-Colombe. Vienne était alors le point de départ dequatre grandes voies romaines. Un temple bien conservé, dont l'inscription réparée célèbrele « divin Auguste » et la « divine Augusta » (Livie ), deux arcades des portiques du Forum,une pyramide dite le « Plan de l'Aiguille », des aqueducs encore utilisés, des restes demurailles, de pavés, de monuments divers, enfin les débris antiques réunis dans le mu-sée, témoignent de la splendeur de Vienne avant la période des invasions barbares. En1789, la population de Vienne n’était plus que de 10,000 habitants. Depuis cette époqueelle a presque triplé, grâce à l’accroissement de l'industrie; peu de rivières sont mieuxutilisées que la Gère pour le travail des usines : sur une longueur de plusieurs kilomètres,elle est bordée de lubriques de draps, de filatures de soie et de laine, de teintureries, detanneries, de papeteries ; en outre, des centaines d'établissements industriels, verreries,fonderies, ateliers métallurgiques, emploient le charbon que leur expédient les houillèresdu bassin de Saint-Etienne .
Plusieurs villages industrieux et peuplés occupent au nord-est et à l’est de Vienne lesplaines caillouteuses qui s’élèvent de degré en degré vers la base.des monts; mais on nerencontre de véritable ville que dans la large vallée, en grande partie marécageuse , oùcoule aujourd'hui la Bourbre. Là se trouve Buurgoin, qui possède avec son faubourg deJallieu , constitué en commune spéciale, quelques usines, surtout des moulins et des fabri-ques de cardes ; en outre, les tourbières de la Bourbre, dont la contenance est évaluée à15 millions de tonnes par M. Charles Lory , fournissent chaque année environ 500,000quintaux métriques de combustible. Bourgoin est le véritable chef-lieu industriel et com-