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Livre II. La France.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

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mcrcial de l'arrondissement dont la petite ville de la Tour-du-Pin a la direction adininistrative

Le nom de Savoie , tjui s’appliquait naguère à toute la partie du royaume de Sardaignesituée sur le versant occidental des Alpes , n'appartient plus qu'à une moitié de ce terri-toire, depuis qu'il a été cédé à la France, en 18G0. Le département de la Savoie se divisenaturellement en trois régions. La Savoie proprement dite, où se, trouvent le bassin deChambéry et le lac du Bourget, verse ses eaux directement au Rhône ; la Tarentaise , à la-quelle on peut joindre l'ancien district dit de la Haute-Savoie , est formée par la vallée dela haute Isère; la Maurienne est la vallée de l'Arc, le grand affluent de l'Isère qui se dé-veloppe en croissant, au sud des monts de la Tarentaise . Une partie considérable de laSavoie consiste en cimes couvertes de neiges et en roches infertiles. Les cultures ne com-prennent guère que le tiers de la superficie départementale; mais entre les champs cultivéset les pentes à climat polaire s'étend la région des pâturages, dont l'herbe fine et savou-reuse, transformée en lait, en fromages, en viande, est l’une des grandes richesses de laSavoie . La population de la contrée s’occupe principalement d’agriculture et de l'élève desbestiaux de la race « tarinc » ; en outre, quelques industries prospèrent dans les villes dela plaine, et le département a l’avantage de posséder l'une des plus importantes voies decommunication internationale, le chemin de fer dit du « mont Cenis ». Quoique les mon-tagnes désertes occupent une part si notable de la Savoie , les habitants y sont beaucoupplus nombreux que dans les Hautes et les Iîasses-Alpes : la cause en est à la nature desroches, qui ne s’éboulent pas aussi iacilemenl, à la plus grande humidité du climat, aumeilleur aménagement des pâturages et des forêts, et sans doute aussi au rôle d'inter-médiaire commercial entre la France et l'Italie , qui appartient depuis tant de siècles à laSavoie . Cependant le pays ne peut nourrir tous ses enfants, et le mouvement annueld’émigration est si considérable, que le nom de « savoyard » est souvent appliqué dans lelangage usuel à tous les gagne-petit descendus des montagnes dans les grandes villes dela plaine. M. Ilndry Menos évalue à 5 millions de francs par année la somme totale([lie les 25,000 Savoyards qui s’expatrient pour un temps rapportent chaque été dans lepays*. Us emploient ces prolits à l'achat de petits coins de terre 5 .

La Savoie n'a qu’une seule ville digne de ce nom, Chambéry , jadis capitale d'un duché etmaintenant chef-lieu du département. Outre son ancien château et sa cathédrale, Chambéry a divers édifices et des établissements qui témoignent de sa prééminence sur les autresvilles de la Savoie , une académie, une société des arts et des sciences, un musée d'art etd'histoire naturelle, un jardin botanique ; mais si les étrangers s'arrêtent à Chambéry ,c'est à cause des beaux sites que présentent les montagnes environnantes, ou seulementpour visiter la campagne des Charmettes, à laquelle le séjour de Rousseau a fait une sigrande célébrité. Il manque toujours à Chambéry d'être rattachée directement au réseau

1 Communes les plus importantes de l’Isère en 1872 :

Grenoble.

. . 42,650 hab.

La Côte-Saint-André. . .

hab.

Vienne .

La Mure .

»

Yoiron.

. . 10,250 »

Saint-Marcellin.

))

Bourgoin (avec Jallieu ) . .

. . 8,400 »

Allevard .

. . . 5,000

Tullins.

La Tour-du-Pin.

. . . 2,400

1)

2 Revue des Deux Mondes , 1" juin 1804.

Superficie du département. Population en 1872. Population kilométrique.

5 5,914 kilomètres carrés. 267,950 habitants. 45 habitants.