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à l’ouest, au nord-ouest, au nord, précisément en sens inverse de la Saône et de l’Ain , dont le cours limite des deux côtés la liante plaine des étangs.La pente générale de la contrée est aussi dans le sens dn sud au nord, etc’est précisément au-dessus de la vallée du Rhône que se trouve le bordélevé de la terrasse. Tous ces faits confirment ce qu’indiquait déjà la naturedes al lavions anciennes de la Bresse : le plateau de débris a été déposésous forme de cône de déjection par les torrents glaciaires. En outre, lafaible pente du sol appuie l’opinion des géologues, qui voient dans la Bresse le fond d’un ancien lac où s’étalaient les eaux avant d’avoir brisé leurbarrage de roches au-dessus de Lyon 1 .
A l’ouest du plateau de la Dombes, la Saône continue de cheminer paisi-blement entre des rives gracieuses et fertiles dont les paysans disent avecun orgueil naïf : « De Yillcfranche à Anse, — la plus belle lieue deFrance. » Mais en aval de cette « lieue », la Saône vient se heurter contreles collines et doit se replier à l’est pour chercher une issue : en se rappro-chant du Rhône , elle se donne presque des aspects de torrent, comme pourressembler au fleuve qui va l’engloutir. Elle s’engage dans le défilé deRoehetaillée, où l’art des ingénieurs romains aida, dit-on, le courant à fairedisparaître les écueils ; ensuite, elle serpente au pied de coteaux couvertsde villas et de jardins, entoure la gracieuse île Barbe où se montrent devieux édifices ; puis, après un double méandre, dont le dernier a été régu-larisé par le travail de l’homme, ses eaux, où se reflètent les édifices deLvon, s’unissent au Rhône puissant, en formant avec lui, en aval de lapointe, une série de reflux et de tourbillons. En moyenne, le débit dela Saône représente le quart ou même le tiers de la portée du Rhône ,mais il est arrivé, pendant des crues exceptionnelles, que le cours d’eaubourguignon a presque égalé le fleuve des Alpes 2 . Les météorologistesont fréquemment signalé le remarquable phénomène de balancementqui s’opère avec régularité dans la tenue des deux cours d’eau : aprèsles pluies d’automne et en hiver, la Saône coule à pleins bords ; pen-dant les sécheresses de l’été, elle est fort basse et n’aurait, à Lyon qu’unemasse d’eau bien peu considérable, si le Rhône , gonflé par la fonte desglaces de la Suisse et de la Savoie , ne venait alors refluer dans son courant.
1 Cézanne; Suite de l’ouvrage Torrents des Haute*-Alpes, par Surell, tome II, p. 537, etc.