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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
chemin naturel des peuples et des armées : on voit encore près du village de Mandeuredes vestiges de temples, de ponts, un théâtre où plus de vingt mille spectateurs pouvaienttrouver place et d'autres édifices ayant appartenu à l'ancienne Epomanduodurum.
Pin continuant de suivre la vallée du Doubs au sud-ouest de Montbéliard , où se succèdentles forges, les hauts-fourneaux, les usines diverses, on entre, près de Clerval, dans undélilé qui sépare le Jura de ses plateaux avancés; mais ces gorges n’ont point l'àpreté decelles des montagnes de la frontière ; de part et d’autre, les croupes culminantes des coteauxne s'élèvent pas à plus de 250 ou 500 mètres au-dessus de la rivière. La seule ville quise trouve dans cette partie étroite de la vallée du Doubs a été érigée en chef-lieu d’arron-dissement, malgré le petit nombre de ses habitants : c’est Baume-les-Dames , ainsi sur-nommée d'une abbaye dont les religieuses, tout en prononçant leur vœu d’humilité,devaient présenter leurs titres de noblesse. Le faste culinaire du couvent était devenucélèbre.
Besançon, le chef-lieu du Doubs , et la ville la plus importante du département et detoute la Franche-Comté , occupe un de ces emplacements qui jadis étaient indiqués d'a-vance pour la construction d’une place forte. Un méandre du Doubs , formant un fossé na-turel, entoure une péninsule presque circulaire, « comme tracée au compas, » dit JulesCésar , et dominée à sa racine par un rocher de 125 mètres de hauteur aux parois très-escarpées. C’étaient là des conditions très-favorables pour la défense à une époque où l’artmilitaire ne disposait pas des formidables moyens d’attaque dont il a appris à se servir :aussi une citadelle gauloise, puis romaine, s’élevait-elle sur la roche de Ycsontio ; une for-teresse plus moderne fut bâtie sur le même emplacement, et ces ouvrages, agrandis parVauban, ont été repris par divers ingénieurs. Mais il a fallu, pour conserver à Besançon sa position militaire de premier ordre, compléter les fortifications de la péninsule pardes forts placés sur toutes les collines environnantes. Plusieurs voies de chemins de ferlui manquent encore pour faciliter ses communications avec le reste de la France .
Parmi ses monuments, Besançon montre avec orgueil, au pied de la citadelle et dansla ville même, un arc romain, connu aujourd'hui sous le nom de porte Noire. La porteTaillée, qui d’ailleurs a été agrandie depuis pour donner passage à une route, est unecourte galerie d’aqueduc ouverte par les Romains sur le revers oriental du rocher où sedresse le château. La cathédrale, de diverses époques, et bâtie sur l’emplacement d’unebasilique romaine, est surtout remarquable par un précieux tableau de Fra Bartolomeo etd’autres toiles de valeur. Enfin, l'architecture des édifices espagnols de la Renaissance estreprésentée par le palais Granvelle, qu’habitèrent jadis l’illustre chancelier de Charles-Quint et son fils le cardinal de Granvelle ; il est devenu de nos jours l’hôtel des sociétés sa-vantes de Besançon et posséda longtemps quelques-uns des principaux chefs-d’œuvre quisc trouvent maintenant au musée du Louvre. La vieille cité est une de celles qui comptentle plus dans le mouvement scientifique, littéraire et artistique de la France . Non-seule-ment elle est le siège d’établissements officiels, académie, faculté des sciences et des let-tres, école préparatoire de médecine et de pharmacie, mais elle possède aussi plusieurssociétés libres ; sa bibliothèque, l'une des plus riches et des mieux tenues de la province,a de véritables trésors, tels que la collection des papiers du cardinal de Granvelle, touteune série des premières éditions du quinzième siècle, des manuscrits de cette précieusebibliothèque de Mathias Corvin qui fut dispersée dans toute l'Europe . Le musée de pein-ture, les collections d’archéologie et d’histoire naturelle sont aussi fort riches. Mais Be-sançon a plus lait que de recueillir des livres et des tableaux, elle a produit des hommes.Dès les temps les plus anciens, les habitants de Besançon conservaient le titre et le rangde citoyens, et les femmes elles-mêmes, dans les actes publics, étaient qualifiées de ci-toyennes. La cité, vraiment autonome, ne cessa de lutter avec énergie contre l’Empire, puis