NUITS, BEAUNE, ALISE. 589
faire un homme supérieur, ce n'est pas assez d’une tète logique, il huit un certain tem-pérament fougueux. »
Nuits, près de laipiellc on récolte le Saint-Georges et le Romande , est, personne nel'ignore, le point le plus méridional de la Bourgogne où les Prussiens se soient avancéspendant la dernière guerre. Dans la grande plaine monotone à l’est de cette ville se trouvela colonie agricole pénitentiaire qui fut jadis l'abbaye de Cîteaux : là était la maison delaquelle dépendaient au douzième siècle plus de 5,000 monastères d'hommes et de femmes.
Bcaunc, qui succède à Nuits à la base des grands vignobles, est la deuxième ville de laCôte-d'Or et l’un de ses chefs-lieux d’arrondissement. Elle fut siège du parlement deBourgogne avant Dijon , et plus d'une fois elle manifesta des prétentions d'indépendancequi déplurent à sa rivale : de là des rancunes qui durèrent longtemps et dont il resteencore quelques traces. Mais, quoique bien dépassée en population, en richesse et ensplendeur par Dijon, Beaune , la patrie de Monge, est une ville fort curieuse, où l’onadmire surtout l’ancien hôpital, peu dégradé depuis le quinzième siècle, époque de saconstruction : c’est un monument d’autant plus intéressant qu’il appartient à un styled’architecture très-rare dans la France centrale : l’art llamand s’v montre en pleine Bour-gogne aussi parfait qu’à Bruges et dans les autres villes de la Belgique. Beaune n'est pasmoins célèbre que Nuits par l’excellence de ses vins Les célèbres vignobles de Corton, dePommard, de Volnay, de Montrachet, de Meursault sont dans le voisinage, sur les coteaux(pii continuent au sud-ouest, vers Chagny, la chaîne de la Côte d'Or . Au sud de la régiondes grands crus, Nolay, patrie de Carnot, l'ait encore un commerce considérable de vinsordinaires; mais à l’ouest les vignobles deviennent rares. Près du chemin de fer qui rejointEpinac au canal de Bourgogne, on voit encore au milieu d’un champ les restes du curieuxmonument triomphal romain de Cussy-la-Colonne , pilier dont le piédestal est orné de huitligures en bas-relief.
L’arrondissement septentrional de la Côte-d’Or appartient en entier au versant du plateauarrosé par la Seine et ses affluents. Son chef-lieu, Chàtillon, qui du reste est la seule villede la contrée, est situé sur la Seine elle-même, à l'endroit où ce cours d’eau, alimentépar des fontaines abondantes, commence à prendre l’aspect d’une véritable rivière. Il nereste plus à la ville que les débris du château fort qui lui avait donné son nom. Chàtillona perdu également les écoles qui la rendaient célèbre au moyen âge et où vint étudiersaint Bernard; ses fabriques de draps, jadis fort importantes, sont de nos jours réduitesà peu de chose. Ses principaux établissements sont des forges; l’une même, située aubord de la Seine , près du village de Sainte-Colombe, compte parmi les grandes usinesde France. Elle est dominée par le Mont-Lassois, colline où Gérard de Roussillon , le héroscélébré par les chansons de gestes, dressa jadis un château fort.
La vallée de l'Oze, continuée par celle de la Brenne et de l’Armançon, a pris un rôle com-mercial beaucoup plus grand que celui de la Seine supérieure, grâce à sa situation dansl'axe même du chemin rectiligne de Dijon à Paris : c’est là que passe la ligne maîtresse dela France , en évitant l'escalade des hautes crêtes du plateau par le souterrain de Blaisy, longde plus de 4 kilomètres, tandis que le canal de Bourgogne coupe la montagne à une ving-taine de kilomètres au sud par un tunnel de 5,550 mètres de longueur. Une des stationsde la rampe de descente est située à la base d'une colline isolée, en grande vénération dansle-pays depuis l’antiquité s reculée : c’est le mont Auxois; le village bâti sur son
penchant est Alise-Sainte-Reine. D’après un grand nombre d’archéologues, Alise serait lafameuse Alcsia où Vercingétorix aurait soutenu sa lutte suprême contre César, La statuecolossale du chef gaulois , que l’on a dressée sur la hauteur, donne même une sorte deconsécration olïiciclle à cette opinion, qui pourtant n'est rien moins que certaine. Dans lerécit trop rapide de ses opérations militaires, César s’est exprimé avec une telle brièveté