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Livre II. La France.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

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Aux environs de Mâcon , les paléontologistes visitent le village de Solutré, qui, jadiscélèbre seulement par ses vins, est maintenant si connu des savants, grâce aux débrisfossiles qu’on y a découverts et au prodigieux ossuaire géologique où se trouvent peut-être 100,000 squelettes de chevaux *. Les voyageurs qui se rappellent avec émotion les versde Lamartine se rendent en pèlerinage aux modestes châteaux de Montceau , de Milly, deSaint-Point ; enfin les historiens et les artistes vont à la laineuse abbaye de Cluny , situéedans la large et gracieuse vallée de la Grosne, affluent occidental de la Saône . La villemême est en grande partie enfermée dans l'enceinte du palais monacal : mairie, jus-tice de paix, école professionnelle et autres établissements d’instruction, bibliothèquepublique, occupent des bâtiments de l’abbaye ; l’église actuelle est formée par l’extrémitéméridionale d'un transept de l'église abbatiale détruite ; le milieu du cloître est devenuun champ de foire ; enfin, un grand nombre de maisons particulières ne sont que lesdépendances du couvent ou bien ont été construites avec ses débris. A l’exception du hauttransept roman de l'église, il ne reste d’ailleurs que peu de débris remarquables de cetteantique, abbaye, qui fut la première de l’Europe , et compta jusqu’à 2,000 communautésmonacales soumises à son pouvoir. Plusieurs pontifes suprêmes, parmi lesquels Ilildebrand,le pape par excellence, sortirent du cloître de Cluny pour devenir les maîtres spirituelsde la chrétienté. Le nom de Cluny fait également songer à une illustration moderne :c’est là qu'est né Prud’hon , le peintre exquis.

L’arrondissement d'Autun , situé à l'angle nord-occidental du département, appartientpresque en entier au bassin de la Loire par la rivière Arroux. Autun , sa capitale, est uneville déchue, mais grande encore par scs monuments et par sa gloire passée. NomméeAugustodunum en l'honneur d’Auguste , elle devint une « sœur et une émule de Home >>,dit un de ses panégyristes. Maintenant elle est loin de remplir sa vieille enceinte : deschamps et des jardins occupent les deux tiers de la surface jadis enfermée par le rem-part, et d’importants débris se montrent en outre par delà les murailles. Deux portessubsistent encore, celles des routes de Langres et de Sens, connues aujourd’hui sous lenom de porte Saint-André et de porte d’Arroux. Un édifice dit le « tenqde de Janus »,quoique l’ancienne destination en soit ignorée, s’élève bien en dehors de la ville, près de larive droite de l’Arroux ; plus loin encore se dresse une pyramide gallo-romaine, la « pierrede Couhard » ; enfin, des restes d’aqueducs et de routes pavées, ainsi que de nombreuxdébris, sculptures et inscriptions, que l’on a recueillis dans un musée lapidaire, témoi-gnent de l’antique importance de cette ville. D’ailleurs, si les sièges et les incendies ontdétruit de nombreux monuments, les « embellissements » modernes n’en ont pas moinsdémoli : tout près de l’emplacement occupé jadis par le théâtre romain, où plus de 50,000spectateurs trouvaient place à la fois, on montre le petit séminaire construit avec les ma-tériaux de l'ancien édifice. Quant au moyen âge, il est représenté à Autun par la belleéglise de Saint-Lazare ou « Saint-Ladre », appartenant au style de transition : elle possèdeun des tableaux les plus célèbres d’Ingres, saint Symphorien.

A une vingtaine de kilomètres à l’ouest d’Autun , mais encore à moitié dans les limitesde son arrondissement, s'élève le mont Beuvray , l'un des plus hauts sommets du Morvanet portant néanmoins les restes d’une cité religieuse et militaire qui semble avoir été fortimportante, même avant l’époque romaine. Tous les savants y voient l’antique Bibracte ,cette ville des Eduens à laquelle César attachait une si grande importance stratégiqueà cause de sa position entre le bassin de la Saône et celui de la Loire . On y remarquedivers mégalithes, menhirs et dolmens, et d'énormes retranchements qui enfermaienttoute la cime du mont et en faisaient un vaste camp. Nombreuses sont les légendes qui

‘ Toussaint, Bulletin delà Société d'anthropologie, 187 i, p. C18.