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de l’Autunais sont largement exploitées : c’est là que se trouve le prodigieux grouped’usines connu sous le nom de Creusot . Ces éléments de richesses ont permis à lapopulation départementale de s’accroître au point de dépasser la moyenne spécifique de laFrance 1 .
Dans les plaines de la Bresse qui s’étendent vers le Jura , le département n’a qu'uneseule ville, et d’ailleurs fort petite, quoique choisie comme chef-lieu d'arrondissement :c’est Louhans, sur la Seille . La vie commerciale a dû se porter principalement vers les rivesde la Saône , que la régularité de son débit et sa faible pente rendent si commode pourla navigation de transport et que longe maintenant le chemin de fer de la France le plusimportant par son trafic. Cliàlon, bâtie sur la rive droite de la Saône , à l’endroit où la voieferrée de Paris à Lyon atteint les bords de la rivière, est certainement la première cité dudépartement par son rôle historique, et ne le cède par le nombre des habitants qu’à laseule ville du Creusot. Les deux rivières de la Saône et du Doubs se sont déjà réunies enamont de Cliàlon, où vient aboutir en outre le canal du Centre, rivière artificielle plusimportante que les cours d’eau naturels. Le port de Cliàlon était donc fort bien situécomme escale de navigation intérieure. A la fin du quatrième siècle, le préfet de la flotteromaine sur l’Arar avait sa résidence à « Cabillonum ». Lorsque le chemin de fer deParis à la Méditerranée s’arrêtait encore à Cliàlon, c’est là que commençait la grande navi-gation à vapeur pour le service des voyageurs et des marchandises : on y avait un « avant-goùt de Marseille », Maintenant Cliàlon, un des nœuds principaux du réseau des voiesferrées dans le bassin du Rhône , est un grand entrepôt de céréales, de fers et de vins,dont le plus célèbre est celui de Mereurey; elle possède un chantier de construction,succursale du Creusot , et fait un grand commerce de tonnellerie. Sur la rive gauche de laSaône , l’ancienne ville de Saint-Laurent, qui eut longtemps une existence indépendante etqui fut même, au quinzième siècle, le siège d’un parlement, n’est plus qu’un simple fau-bourg de Cliàlon. Une autre ville de l’arrondissement, jadis bourgade peu animée, a prisdans ces dernières années une réelle importance à cause de son port sur le canal duCentre et des chemins de fer qui viennent s’y réunir : c’est Chagny. La grande régionindustrielle du département y envoie les produits qui doivent être expédiés par la lignemaîtresse sur Paris ou sur Marseille .
Fm aval de Cliàlon, on dépasse Tournus, où Greuze naquit et que domine la belleéglise romane de Saint-Philibert, puis, après avoir laissé derrière soi les confluentsde la Seille et de la Reyssouze, on arrive devant les quais de Mâcon , le chef-lieu dudépartement et sa troisième cité par la population et l’importance. Mâcon n’a point demonuments remarquables, à l’exception des tours et de quelques autres débris de l’an-cienne cathédrale de Saint-Vincent. La haute ville, habitée jadis par les nobles et lesprêtres, et maintenant par les grands propriétaires et les magistrats, est celle où naquitLamartine : c’est un quartier solitaire et presque morne. La basse ville, moins animéequ’à l’époque où la gare du chemin de fer n’attirait pas vers la ville haute une grandepartie du commerce, a plusieurs fabriques et de vastes entrepôts pour les vins de la con-trée, qui jouissent, on le sait, d'une réputation européenne , surtout les Thorins et leMoulin à vent de Romanèche. De l’autre côté de la Saône , sur le territoire du dé-partement de l’Ain , le faubourg de Saint-Laurent est constitué en commune séparée,quoique presque tous ses intérêts le rattachent à Mâcon ; il s’y tient des foires très-fré-quentées et fort curieuses à voir à cause de la diversité des costumes : on y remarquesurtout la coiffure garnie de dentelles que portent les femmes de la Bresse .
Population en 1872.
598,550 habitants.
Population kilométrique.
74 habitants.