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Livre II. La France.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

soudaine. En cotte région, le versant méditerranéen du plateau n’a qu’unelargeur moyenne de 00 kilomètres, tandis que la contre-pente tournée versl’Océan est au moins décuple. Tout change presque brusquement de l’unà l’autre versant du faîte des Cévennes : température, régime des vents etdes pluies, aspect de la nature entière; d’un côté sont les ruisseaux per-manents, les prairies, les arbres au feuillage touffu ; de l’autre sont leslits pierreux qui tout à coup se transforment en torrents, les herbes odo-rantes, les arbustes au feuillage rare. Les habitants ne sont pas les memesnon plus, et l’homme civilisé des plaines, fier de ses vieilles traditionsmunicipales et romaines, méprise le « gavache » des plateaux, qui pourtantne lui cède point en amour du travail et en industrie.

A l’orient de l’Orb, les monts Garrigues continuent les monts de l’Espi-nouze, auxquels ils ressemblent par les ravins sauvages et les parois escar-pées de leur versant méridional : ils doivent leur nom aux chênes-kermèsou « garrus » qui recouvrent les pentes et que les botanistes considèrentcomme les restes des anciennes forêts primitives, car leur bois tors àlente croissance, leur petite taille, leur maigre ombrage les rendenttrop peu utiles pour que les habitants du pays puissent avoir songé àles importer de contrées étrangères. Les Garrigues sont les principauxcontre-forts des plateaux faiblement accidentés qui s’étendent au nord etque l’on connaît sous le nom de « causses » (du latin calx, chaux). Cesplateaux sont uniques en France par leur configuration, leur aspect, leurclimat.

Le causse le plus méridional est le plateau de Larzac, entre Lodève etMillau . C’est une vraie table de pierre, à la surface un peu bossuée etlégèrement inclinée de l'est à l’ouest, dans le même sens que toute la régioncentrale de la France ; sa hauteur moyenne est de 800 à 900 mètres. Au sud,des aflluents de l’Orb et de l’Hérault en découpent le pourtour d’entaillesprofondes, tandis qu’au nord et à l’ouest il est limité par des eaux quidescendent vers le Tarn . Le défilé de la Dourbie sépare le plateau de Larzacd’un autre causse d’égale hauteur, le causse Noir, au nord duquel la rivièrede Jonte passe comme au fond d’un gouffre. Au delà se dressent les falaisesd’un troisième causse, le plus régulier de tous; c’est le causse Méjean. Il estparfaitement limité de toutes parts; la Jonte, le Tarn , le Tarnon l’isolentpar un véritable fossé de plusieurs centaines de mètres de profondeur oùcoulent leurs eaux limpides : même au sud-est, là où se trouve le partagedes eaux entre la Jonte et le Tarnon, le causse Méjean dresse ses escar-pements en une ligne continue, limitée jadis par les eaux d’un détroit :c’est un bloc calcaire de 40,000 hectares de superficie. De la gorge du