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NOUVELLE GKOGIUPIIIE UNIVERSELLE.
Si les rivières coulent d’un Ilot constant dans les profondes gorges, parcontre l’eau manque presque complètement à la surface des plateaux. Lesol, percé de fissures, laisse filtrer l’eau de pluie comme dans un crible :elle disparaît aussitôt. En certains endroits, les fentes de la roche se sontélargies, les parois intermédiaires se sont effondrées, et l’on voit de grandsentonnoirs ou « avens » ou « lindouls » s’ouvrir dans le calcaire jusqu’à d’ef-frayantes profondeurs ; mais presque partout la surface du causse est uniformeet les puits souterrains 11 e sont indiqués que par de simples lézardes superfi-cielles. Nulle part 11 e jaillit une source. L’eau vive manque donc complètementsur les causses de la Lozère, du Rouergue et du Quercy ; les habitants n’ontpour eux-mêmes et leurs bestiaux que l’eau de pluie recueillie dans les ci-ternes ou « lavognes » soigneusement cimentées à l’intérieur. Encore ces lavo-gnes sont-elles presque toujours vides en été; il faut alors faire venir l’eau, àdos de bœuf ou de cheval, des rivières qui coulent à plusieurs kilomètres dedistance dans les gorges profondes. Cette rareté des eaux sur les plateauxcalcaires est compensée par une grande richesse de fontaines sur le pourtourdes talus extérieurs ; dans tous les cirques d’érosion dont les plateaux sontéchancrés, jaillissent des sources d'eau claire, entourées de verdure etd’arbres qui contrastent de la manière la plus heureuse avec les pentesarides des environs. Une de ces sources, celle d’un sous-aflluent du Tarn ,a pris le nom de Sorgues, comme la rivière de Vaucluse , et mérite eneffet de lui être comparée. La Vis, plus abondante que l’Hérault , danslequel elle perd son nom, jaillit aussi du rocher par une superbe fontaine.Nombre de sources qui s’élancent de la base des causses et qui restentpresque ignorées à cause de leur situation dans une contrée presque déserte,seraient considérées comme de véritables trésors dans un pays de terresirriguées ou de manufactures.
Là où l’eau manque, manquent aussi la végétation forestière et les habi-tants. Sur les causses on 11 e voit point d’arbres, à peine quelques brous-sailles dans les creux garantis du vent. La pierre n’est revêtue qued’une herbe courte, et les habitants, peu nombreux, n’ont utilisé que defaibles surfaces pour la culture de l’orge, de l’avoine, des pommes de terre.Plusieurs communes des causses n’ont pas dix habitants par kilomètrecarré ; il en est même qui ont seulement le tiers de celte population.Les trois communes réunies du causse Méjean n’avaient en 1800 que1,1 G‘2 habitants, soit un seul individu pour 54 hectares; encore plusieursfamilles de ces misérables communes vivent-elles, non sur le plateau, maisdans les vallons inclinés du pourtour.
Néanmoins l’herbe menue des hauteurs a son rôle important dans l’éco-