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nomie générale de la France . Sur les plateaux paissent par centaines demilliers les brebis dites de Larzae, dont le lait sert à la fabrication descélèbres fromages de Roquefort. Ces animaux, jadis maigres et osseux, sontmaintenant une race perfectionnée, grâce à des soins mieux entendus, àun meilleur régime : ils se distinguent surtout par la finesse et lafrisure de la laine. On dit que la race ovine des causses vit très-bien sanseau; meme lorsque les citernes des plateaux sont abondamment remplies,les bergers ne donnent pas à boire à leurs moutons; ils prétendent que laboisson administrée irrégulièrement aux animaux gâte leur laine et leurchair; ils préfèrent les en priver complètement 1 . En hiver, quand lesneiges se sont entassées en une couche de plusieurs pieds d’épaisseur surle plateau, et que la plupart des habitants ont émigré vers les plaines,ce n’est pas sans danger que les voyageurs se hasardent dans ces régionsdésertes, comparables aux pàramos des Andes . Il est arrivé souvent quedes voilures, traversant le plateau de Larzae, ont dû s’arrêter en détresseauprès de quelque misérable hangar.
La rareté des habitants donne la raison de ce fait, que les dolmens serencontrent encore en tant d’endroits sur les plateaux de la Lozère : lafaible densité des populations a préservé ces monuments de la destructionqui les attend dans toutes les contrées où les habitants se pressent en grandnombre. M. Prunières a compté plus de deux cents de ces mégalithes dansla partie sud-occidentale du département de la Lozère et il en existe encorebeaucoup qu’il n’a point visités. La limite de la région des dolmens coïncideprécisément avec celle des terrains calcaires. Toutes les sinuosités, tous lesenchevêtrements de la ligne de contact entre les roches cristallines et lesterrains secondaires servent de frontière à la zone des anciens monu-ments. On attribue cette brusque interruption à des mœurs différenteschez les anciens habitants de la contrée. Ceux des plateaux avaient uneautre origine, une autre religion que ceux des granits environnants.Au sud du plateau de Larzae, le nombre de ces monuments diminueen proportion de la fertilité des terres et de la densité des popula-tions; cependant on trouve encore un dolmen aux portes mêmes de Fron-tignan*.
Le contraste ethnologique dont témoignent les dolmens de la Lozère sereconnaît encore de la manière la plus précise entre les habitants des pla-teaux calcaires et ceux des collines de granit qui s’abaissent à l’ouest vers
1 Jules Cliarlon, Tour du Monde , 1875.
a Prunières, Revue d'anthropologie, lome II, pl. 4. — Munier, Académie des sciences deMontpellier, tome VIII, p. 541.