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Livre II. La France.
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MÉZENC ET COIRON.

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lambeaux d’un épanchement de laves, fleuve prodigieux qui n’aurait paseu moins de 400 kilomètres carrés et une profondeur moyenne de 120 mè-tres, soit 48 milliards de mètres cubes. Aucune des coulées modernes d.el’Etna ne pourrait être comparée à celle qu’aurait vomie cette crevasse, duMézenc .

D’autres courants de laves, descendant au sud-est, se sont étalés dans lavallée de l’Ardèche , qui les a découpés en défilés superbes, et sur les col-lines du Coiron, jusque dans le voisinage du Rhône . Tant que la nappudu Coiron repose sur le granit, sa largeur est peu considérable; elle s-eprésente sous la forme d’une crête de montagne plutôt que sous celled’une table; vers la fin du granit, elle est même brusquement interrompuepar une brèche profonde où passe la roule d’Aubenas à Privas . Au delà,la nappe s’étale largement sur les formations calcaires et présente en cer-tains endroits une largeur de 10 et même de 15 kilomètres. Évidemment,lorsque ces laves s’écoulèrent du Mézenc , elles emplirent les parties les plusbasses de la vallée du Rhône; mais depuis cette époque le travail d’érosionaccompli par le fleuve et ses affluents a réduit de plus de 500 mètres leniveau de la plaine : la contrée tout entière, que soulevaient les forcesintérieures, a été remaniée et ses débris ont été emportés par les eaux dansle bassin de la Méditerranée . Seules dans cette partie de la vallée du Rhôneles collines du Coiron ont pu, grâce à leur chapiteau de laves, résister àl’action destructive des torrents qui ont déblayé les couches superficielles dureste de la plaine; mais elles ont été fortement entamées; les eaux et lesmétéores rongent les marnes, dissolvent les argiles du calcaire, et les falaisesde laves, manquant d’appui, s’écroulent par énormes fragments. C’est ainsique le plateau, découpé par les érosions, se trouve frangé de promontoiresparallèles que surmontent des roches basaltiques d’une régularité presquearchitecturale : pour les paysans de la plaine, ces colonnades étaient encorerécemment les « palais du Roi »; un monarque géant les avait édifiées.A la montée de Montbrul, elles ont même complètement l’aspect d’unédifice, grâce aux « haïmes » qu’y ont creusées d’anciens troglodytes etqui ressemblent à des fenêtres de grandeur inégale. Aux bords mêmes dufleuve, la colline qui porte le château de Rochemaure est un bloc écroulédu plateau supérieur de laves 1 .

Sans nul doute, les coulées du Mézenc avaient dépassé jadis en plusieurs

' Altitudes diverses du Yivarais et du Mézenc :

Coiron (Roc de Gourdon). . . . 1,061 mèt.

Lac d’Issarlès. 997 »

Coupe d’Aizac. 892 »

Mézenc .

Gerbier de JoncsMégal.

1,75-1 met.1,562 »1,458 »