Band 
Livre II. La France.
Seite
428
JPEG-Download
 

428

NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

cratère, mais il n’est pas douteux que la cheminée centrale du volcan ne setrouvât entre les escarpements des sommets actuels, dans les vastes cirquesd’érosion où la Dordogne , au nord, et la Couze de Cliambon, au nord-est,recueillent leurs premières eaux. Les roches du mont Dore les plus rap-prochées du foyer d’éruption sont principalement trachytiques ; cellesqui descendirent plus loin vers l’extérieur du massif sont presque toutescomposées de basaltes, qui purent s’écouler rapidement à cause de leurplus grande fluidité primitive ; quant aux cendres et aux scories, elles setrouvent encore en quantités considérables sur les pentes, mais il ne fauty voir que de faibles restes des amas qui depuis ont été entraînés par leseaux torrentielles et sont allés se déposer en alluvions fertiles dans les plainesde la France occidentale : le mont Dore que l’on voit aujourd’hui n’est,comme le Cantal , que le squelette d’un ancien volcan. D’ailleurs il a été,comme lui, revêtu de glaces. Lors de la première période glaciaire, lesfleuves congelés qui en descendaient se rejoignaient de part et d’autre par-dessus les lignes de faîte et s’épanchaient jusqu’à 50 et 40 kilomètres dedistance. Aux portes mêmes d’Issoire , le village de Perricr doit son nom àson énorme moraine glaciaire ‘.

Quelques-uns des courants de laves issus du groupe central du mont Dorese sont déversés au nord et à l’est à plus de 50 kilomètres de distance;mais les lambeaux de basaltes épars sur le granit, des deux côtés de lavallée de la Sioule, sont le produit d’éruptions locales. Partout la différencede densité des roches éjectées et les érosions de toute espèce ont fini pardonner à la surface de ces coulées l’aspect le plus accidenté : quelquesfragments, plus solides que la pâte environnante, résistent aux intempéries,et prennent même l’aspect de véritables pyramides. Des masses de phono-lithes plus durs que le basalte sont aussi restées intactes : telles sont lesroches Tuilière et Sanadoirc, qui se dressent au sud de la vallée de Roche-fort comme les deux piliers d’une porte triomphale. Le soubassement quiporte ces deux roches prismatiques retient dans une vasque du plateau,au milieu de tristes pâturages, les eaux du lac de Guéry, dont une partie,très-profonde, est une ancienne bouche du volcan.

Depuis que le grand volcan central du mont Dore a refroidi son foyer,d’autres cratères se sont ouverts dans le voisinage et peuvent être considéréscomme faisant partie du même groupe. Ainsi le puy que les gens du pays,plutonistes avant les savants, avaient désigné sous le nom de Tartaret, adressé ses laves rougeâtres, aujourd’hui revêtues de hêtres et de pins,

1 A. Jullien, Des phénomènes glaciaires clans le plateau central de la France .