MONTS D’AUVERGNE.
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sier, près d’Aigueperse , une « fontaine empoisonnée », qui n’est autre chosequ’une source d’acide carbonique, témoigne du travail incessant des labo-ratoires souterrains.
D’autres formations volcaniques, distinctes des coulées relativementrécentes des monts Dôme, se montrent çà et là entre le versant oriental dela chaîne des volcans et la plaine de l’Ailier. Plusieurs de ces nappes debasaltes sont incontestablement le produit d’éruptions locales; d’autres sontdes « chapeaux » de laves que des coulées, jadis continues, ont déposés surles calcaires lacustres des rivages de l’ancienne mer intérieure : de mêmeque le Coiron du Yivarais, ces nappes basaltiques, entamées de tous les côtéspar les eaux et les intempéries, sont restées isolées comme des chapiteauxsur des fûts de colonne. La plus célèbre de ces terrasses de basalte est leplateau de Gergovia, — c’est encore le nom local, — où Vercingétorix défendit contre César l’indépendance de la Gaule . De faibles traces de murset de portes se voient encore sur le pourtour de l’ancienne ville; des frag-ments de basalte épars en désordre sont, avec quelques poteries, les débrisdes édifices que la guerre, puis la culture du sol, ont graduellement faitdisparaître. Peu de sites de l’ancienne Gaule présentent plus d'intérêt parles souvenirs qui s’y rattachent
La nature incohérente et poreuse des scories qui forment les volcansd’Auvergne explique le parfait état de conservation des cratères : à peinetombée, l’eau pénètre dans le sol sans en détériorer les formes extérieures 2 ;mais celte eau qui s’enfuit est perdue pour le plateau et la maigre végéta-tion ne peut nourrir que de rares troupeaux de brebis. Par contre, la basedes montagnes rejette dans la plaine les sources les plus abondantes issuesde canaux souterrains, ou jaillissant même du fond des grottes, à l’extré-mité des coulées de laves, comme les belles fontaines cristallines de Royat ,dont l’eau pure alimente Clermont . Quelques-unes des sources de cetterégion sont minérales et thermales ; d’autres, également employées dans letraitement des maladies, doivent surtout leur célébrité aux concrétionscalcaires qu’elles déposent sur leurs bords. Ainsi, dans la ville même deClermont , la fontaine de Saint-Allyre, devenue pour son propriétaire unegrande source de revenus à cause de tous les menus objets qu’elle pétrifie,s’est bâti à elle-même un aqueduc de 75 mètres de longueur, que termine
1 Altitudes des monts Dôme :
l’uv de Dôme . 1,405 met. Lac d’Aydat.826 met.
Pu y de Côme. . . . . . 1,255 » Gergovic. 744 »
Clermont.4U7 met
a Lyell, Eléments of ÿcology, G lS édition, p. G?4.