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Livre II. La France.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

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une superbe arcade, jetée au-dessus du ruisseau de Tiretaine. La collinemême sur laquelle est construite la ville de Clermont , consiste en un con-glomérat volcanique çà et là pénétré par les dépôts calcaires des eaux mi-nérales et cimenté par eux. A l’est, au milieu de la plaine, d’autres mon-ticules de même composition, dont l’un, connu sous le nom de « puy dela Poix », porte sur sa pente un menhir renversé, exsudent en été unefaible quantité de bitume, mélangée à de l’eau sulfureuse. C’est à dessources chargées de carbonate de chaux que Lecoq et d’autres géologuesattribuent la formation des couches de calcaire lacustre et de gypse quel’on rencontre en Auvergne , dans le Yelay et sur tout le Plateau Central ;en effet, ces strates isolées ne sauraient provenir de l’érosion de montagnescalcaires, puisqu’il n’en existe pas dans la contrée, et la décomposition desgranits ne pourrait fournir qu’une quantité inappréciable de chaux.

L’action géologique de ces sources et d’autres fontaines taries depuises âges tertiaires a contribué pour une faible part à la formation de laplaine de l’Ailier, si fameuse sous le nom de Liinagne. Cette plaine àlaquelle ses eaux courantes, ses arbres touffus, ses prairies si vertes, seschamps aux épis si pressés, donnent tant de beauté champêtre, était àl’époquc miocène un grand lac d’eau douce. Iles monts qui dominent l’Ai-lier à sa sortie du défilé de roches granitiques, on voit la plaine, découpéesur son pourtour par les promontoires en petits golfes de verdure, s’élargirgraduellement vers le nord. Les eaux de la Limagne s’étaient écouléesdéjà, paraît-il, avant que les volcans voisins eussent fini d’épancher leurscourants de lave. Tandis que les nappes de basalte et les talus de scories etde cendres rétrécissaient la surface du lac, les sources thermales chargéesde chaux transformaient en couches calcaires les innombrables plantesaquatiques, les vases et les débris de toute espèce qui remplissaient lesfonds ; d’autres sources exhaussaient le sol en déposant de la silice et dugypse, et c’est ainsi que peu à peu se forma cette plaine, à laquelle les allu-vions modernes, composées en grande partie de cendres volcaniques, ontdonné une si merveilleuse fécondité.

Parmi les produits de l’Auvergne, mais dans ses terrains cristallisés, ilfaut compter aussi les veines de métal, dont les mieux exploitées, consis-tant en plomb sulfuré argentifère, se trouvent sur le versant occidentaldes monts Dôme, aux environs de Pontgihaud. On doit signaler aussicomme un fait géologique très-remarquable, que les volcans de l’Auvergneont surgi entre deux dépressions du plateau granitique ou se sont dépo-sées des houilles. La rainure houillère de l’ouest, qui commence auxmirons de Mauriac, à la hase du Cantal , et qui va finir avec les roches