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paris l’horizon, parcourent d’anciens bassins lacustres. Issue des volcans dumont Dore, la Dordogne reste encaissée entre des escarpements de montagneset de collines jusqu’à son entrée dans les campagnes de la basse Aquitaine ;elle n’a point de larges plaines sur ses deux rives, à peine de petits bassinsde terres alluviales, et jusqu’à Bergerac , nulle ville d’importance nes’est établie dans sa vallée. Après s’ètre échappée, à Bretenoux, de la régiondes granits, où son cours est obstrué d’écueils, elle entre dans la zone desroches calcaires, où elle se développe en longs méandres connus dans lepavs sous le nom de « cingles »; elle frappe alternativement la base desroches et se déroule autour de baies semi-circulaires en passant sur desbarres de cailloux es en amont de Berge-
rac, la Dordogne n’a pas encore franchi tous les obstacles que lui opposentles rochers de son lit : du haut d’un coteau portant les ruines du châteaude Badefol, on voit le fleuve se heurter en bouillonnant contre les roches,glisser entre les écueils et tournoyer en remous au-dessous des rapides. Lesgouffres et les courants de fuite se succèdent ainsi sur un espace de plu-sieurs kilomètres, et toute navigation serait arrêtée par ces obstacles si uncanal latéral à écluses étagées n’ouvrait aux bateaux un chemin libre dedangers. Plus bas, à Mouleydier, le lit se rétrécit tellement entre deuxparois de grès que le ileuve n’a plus que 50 mètres de large pour unegrande profondeur; mais encore en aval, an-dessous de Bergerac et deSainte-Foy, se trouvent de véritables rapides. La Dordogne a dans sonrégime quelque chose de la rivière de montagnes jusqu’à l’endroit on leIlot de la mer vient au-devant d’elle ; en amont de son cours maritime,elle n’offre pas aux embarcations plus de 50 centimètres de mouillage.Sur près de 400 kilomètres de cours considéré comme navigable, le mouve-ment des bateaux ne dépasse pas 11,000 tonneaux en moyenne 1 .
IV
A l’ouest de la rivière d’Allicr, le plateau granitique est beaucoupmoins compacte, moins uniforme que dans sa partie occidentale traverséepar la Dordogne et son affluent, la Yézère ; il est plus largement découpépar les eaux courantes et s’abaisse plus rapidement vers les plaines dunord. La variété d’aspect dans les paysages en est d’autant plus grande,et les roches, où la montagne s’est dégagée de l’épaisseur du plateau, eu
1 Krantz, Rapport à l'Assemblée nationale, 21 janvier 187-4.