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Livre II. La France.
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ÉMIGRATION D’AUVERGNE .

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plaines exceptionnellement fécondes comme la Limagne , sur les bords de laLoire et dans les régions minières; mais dans celles-ci c’est l'industriemoderne qui a peuplé le pays : il serait resté presque désert si l'exploitationdes richesses du sous-sol ne s’était ajoutée aux récoltes des champs. Tandisque, depuis le commencement du siècle, la population de la France entières’est accrue seulement d’un tiers, elle a augmenté de près de moitié dans ledépartement houiller de la Loire . Récemment l’élève du bétail a aussi donnéaux contrées de pâture du Centre une grande valeur dans l’économie géné-rale du pays : les animaux y sont élevés jusqu’à l’àge de la complète crois-sance, puis dirigés vers les contrées plus basses, où ils s’engraissent facile-ment. Mais nulle cause spéciale n’a pu attirer encore les populations de laplaine vers les parties élevées du Flateau, ou même permettre aux enfantsde la montagne de rester tous dans leur patrie 1 .

On sait que l’émigration annuelle des habitants du Centre est en effettrès-considérable. Les gens de la Lozère et du Tarn descendent dans lesplaines de l’Aude eL de l’Hérault pour aider à la culture, à la moisson, àla vendange; les Yélaves sont attirés à Saint-Étienne et à Lyon par les tra-vaux de l’industrie ; les maçons de la Corrèze, de la Haute-Vienne , de laCreuse vont construire les nouveaux quartiers de Paris et des autres villesdu nord; les Auvergnats parcourent en colporteurs toutes les parties de laFrance; ils se rendent aussi jusqu’en Suisse, en Belgique , en Hollande. De-puis le moyen âge, un courant d’émigration régulier existe même entre leCantal et l’Espagne. Jadis les moines d’Aurillac possédaient un prieuré etune église à Compostelle ; une confrérie de Saint-Jacques existait dans laville, et tous ceux qui accomplissaient des « voyages d’adoration » prenaientsoin, comme les hadjis de la Mecque , d’emporter leur pacotille d’échange :de là des relations de commerce qui continuent encore. Les paysans d’àtracet de Crandelles, à l’ouest d’Aurillac , sont ceux qui se rendent en plusgrand nombre de l’autre côté des Pyrénées ; on dit qu’ils se distinguent,des autres habitants de la haute Auvergne , non-seulement par leur costumepresque catalan, mais aussi par la vivacité de la physionomie, l’éclat dulangage et la richesse de l’imagination; leurs femmes et leurs filles ontaussi quelque chose d’espagnol dans les traits, le vêtement et la parure 2 .

Avant le milieu du siècle, l’émigration annuelle était naturellement ré-

Densité moyenne de la population en France . 68 habitants.

n » n dans les treize départements du Plateau. 56 »

» ii * dans le département de la Loire . ... 116 »

n » » a » de la Lozère . . . 26 »

II. Üurif, Gukle dans le déparletnenl du Canlal, p. 92, 95, etc.