NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
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glée par des habitudes invariables. Ceux qui partaient en automne reve-naient au printemps, après avoir suivi l’itmérairc accoutumé, rapportanten moyenne un pécule de cent ou deux cents francs, soit ensemble un mil-lion et demi; puis, en été, ils vaquaient au travail de leurs champs, tou-jours conformément à la vieille routine. Même loin de ses montagnes,l’Auvergnat tenait à ses mœurs avec une sorte d’àpreté : il feignait de nerien voir et de ne rien comprendre; il restait partout un étranger, nevisant qu’à une chose, l’accroissement de ses profits, acquis sans fraude,mais avec une sorte de férocité. Il gardait ses qualités naturelles, sa droi-ture, sa franchise, sa pratique de l’hospitalité pour en faire profiter sescompatriotes lors du retour dans le pays natal. De nos jours, l’émigration apartiellement changé de caractère; elle est devenue durable pour un très-grand nombre des expatriés, et ceux-ci, entrant définitivement dans unmilieu nouveau, se font citoyens de la France par les mœurs et la manièrede penser.
V
Le département de la Lozère , qui forme le promontoire méridional du plateau granitique,est une des régions les plus pauvres de la France. Le nom même de Gévaudan , qui est ladésignation populaire d'une grande partie de la contrée, c'est-à-dire l’ancien territoire desGabales, le Gavaldanus pagns du temps de Charlemagne, éveille aussitôt dans l’espritl’idée de hauts plateaux incultes, liantes par les loups, battus par les tempêtes et souventrevêtus de neiges. Quelques fragments du Yelay et du pays d'Uzès , qui faisaient egalementpartie du Languedoc, ont été ajoutés au Gévaudan pour constituer la Lozère , et, par l’op-position de leurs versants, donnent à la contrée une certaine variété d’aspects : tandisque presque toutes les eaux du département s’écoulent à l’ouest vers la Garonne par leLot, le Tarn et leurs affluents, une partie de l’excès des pluies appartient au bassin de laLoire par l’Ailier, ou bien à celui du Rhône par l’Ardèche, la Cèze et les Gardons. LaLozère est presque au dernier rang pour la valeur de ses produits agricoles *. Par sesgisements miniers, elle a plus d’importance relative, et même ses exploitations de plombargentifère sont parmi les plus productives de la France . L’industrie proprement dite estfort en retard dans la contrée et ne suffit pas à nourrir les habitants, qui sont obligésde s’expatrier en grand nombre. La population de la Lozère est inférieure de bien plus demoitié à celle du reste de la France 2 .
Mende , la plus grande ville du département, n’en est pas moins considérée comme unvéritable lieu d’exil par la plupart des fonctionnaires qu’y envoie le gouvernement. Situéeà près de 750 mètres d’altitude, elle est fréquemment bloquée par les neiges pendantl’hiver, et sera certainement obligée d’attendre encore longtemps son embranchement dechemin de fer. Elle a pourtant une certaine activité industrielle, car il lui faut se créer
5 Évaluation des revenus de l’agriculture dans la Lozère en 1802. . 50,500,000 fr.