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lointain s’y rattache. Au nord-ouest du Puy , dominant le bourg de Polignac, se dressel’énorme château féodal dont les suzerains lurent si souvent en lutte contre les bourgeoisdu Puy et que les gens du pays, sous 1 empire des vieilles traditions, regardaient naguèreavec teneur. Là se trouvait, avant la forteresse du moyen âge, un monument gallo-romain ; on attribue aussi aux Gaulois l’excavation de « l'abîme», puits d’aspect effrayantqui descend à 85 mètres de profondeur jusqu’à une source d’eau courante : c’est là peut-être que les troglodytes dont on voit les demeures dans le roc de Polignac puisaient entemps de siège l’eau nécessaire à leur alimentation. Dans la haute vallée de la Borneoccidentale, près de Saint-Paulien, l’antique Ruessium, qui fut sous les Romains le cliel-lieu du pays des Vélaves, on trouve aussi de nombreuses grottes anciennement habitées;le château de la Roche-Lambert, si admirablement décrit par le romancier auquel on doittant de charmants tableaux de la France centrale *, est lui-même bâti sur une de cesexcavations. Au sud-est du Puy , près du hameau de la Terrasse, on voit un autre ancienvillage souterrain creusé de main d’homme dans les scories de laves; quelques-unesdes grottes se divisent en chambres et en étages, communiquant entre elles par descouloirs et des escaliers.
Yssingcaux, la deuxième ville du département, est sur un plateau montueux sansgrande beauté; il lui manque de profondes gorges, semblables à celles que la Loire s’est taillées à l’ouest, et dont chaque méandre est coupé en viaduc ou en tunnel par lechemin de fer du Puy à Lyon. Le voisinage de la grande ville industrielle de Saint-Étienne se fait déjà sentir dans cette partie du département de la Haute-Loire : à Yssingcauxmême, à Saint-Didier, à .Monistrol , la fabrication des rubans et des taffetas s’ajoute ou sesubstitue à celle des dentelles, et les eaux courantes sont utilisées pour diverses usines,papeteries, aciéries et filatures.
L’arrondissement occidental, celui de Brioude , n’a pas les avantages que donne laproximité d'une cité considérable; aussi son importance est moindre et son chef-lieuest une ville de peu d’animation. En dehors des bourgs de marché, cette région n’aguère que des villages d’apparence plus que misérable, presque sordide ; ceux des pla-teaux çà et là boisés qui dominent à l’est la vallée de l’Ailier appartenaient jadis engrande partie à la célèbre abbaye de la Chaise-Dieu , qui fut l’une des plus puissantes dela chrétienté : ses tours et ses murailles ont gardé un aspect encore très-majestueux etdans le chœur de l’église on conserve d’admirables boiseries sculptées. La contrée deBrioude, l'une des moins riches du centre de la France , possède pourtant de grandesressources : elle a d’abord la fertile vallée que parcourt l’Ailier et qui paraît fort bellequand on la contemple du pont de Yieille-Brioude, jeté entre deux rochers, à l'originede l’ancien lac où s’étalaient autrefois les eaux ; en outre, le pays est riche en tré-sors minéraux, tels que le plomb argentifère de Paulhaguet et la houille de Langeac 1 2 .L’arrondissement de Brioude est aussi très-favorisé par les voies de communication quiviennent s’y croiser. C’est en aval de Brioude , à la station d’Arvant, que le cheminde fer direct de Paris à Aimes projette au nord-ouest un embranchement qui, aprèsavoir traversé le Cantal, se ramitie vers Bordeaux et les autres villes du bassin de laGaronne.
1 George Sand , Jean de la Roche.
2 Communes les plus importantes de la Haute-Loire en 1872 :
Le Puy . 19,250 hab. j Tence. 4,700 hab.
Yssingeaux. 8,250 » ; Brioude . 4,000 »
Saint-Didier-la-Séauve. 4,750 » j Monistrol . 4,450 »
Langeac. 5,750 hab.