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Livre II. La France.
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CLEIOIONT, RIOM , TIIIERS.

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sant les produits de ce genre les plus appréciés du monde entier ; ses confitures, ses pâtesd'abricots sont expédiées jusque dans les villes du Levant. Clermont travaille aussi diver-sement les métaux, les bois, les libres textiles, et l'ait un grand commerce de denréesagricoles et de bétail. Par les chemins de fer elle a ses communications libres avec lenord, l'est et le midi ; il lui manque seulement la voie directe vers l'ouest que lui don-nera le chemin en construction de Tulle parl'ssei. D'ailleurs Clermont , ville de travail etde négoce, n’a point oublié qu’elle est la patrie de Pascal, une cité historique, entouréedes sites les plus intéressants pour l’étude de la Terre ; elle a un, beau musée, de richescollections d’archéologie et d'histoire naturelle. Sans même sortir de la ville on peut voirla curieuse fontaine incrustante de Saint-Alyre avec ses ponts de travertin ; à l'est, dansla Limagnc, est le puy de la Poix, suintant le bitume; tout autour de la cité les volcansélèvent leurs dômes et les coulées basaltiques s'allongent en tables découpées par le lenttravail du temps. Enfin dans la vallée même de la Tiretaine, — ou mieux Tirtaine, —qui passe à Clermont , jaillissent les eaux thermales de Saint-.Mart et bondissent en casca-telles les sources issues de la grotte basaltique de Royat : peu de sites seraient pluscharmants s’ils n'étaient gâtés, comme tant d'autres, dans le voisinage des grandes villes,par le faux goût et l’esprit de spéculation.

La basse Auvergne avait jadis une deuxième capitale, cité de légistes et de parlemen-taires, la vieille Riom, d’antique origine arverne comme sa rivale Clermont . Elle occupeune situation topographique analogue, à la base des montagnes de lave, dans une plainecouverte de cultures, sur un ruisseau qui descend vers l’Ailier, en serpentant â l'ombredes grands arbres. C'est â Riom que les Auvergnats, peu artistes de leur nature, maishommes d'affaires par excellence, ont le mieux développé leur génie pour la jurispru-dence, et parmi les hommes de loi les plus illustres de la France , plusieurs ont com-mencé par briller dans la petite ville d’Auvergne. Riom, hâtie comme Clermont en pierrede lave, a conservé la physionomie sévère qui convenait à une ville de magistrats, etplusieurs de ses monuments, y compris la Sainte-Chapelle , attenante au Palais de Justice,et naguère employée comme dépôt d'archives, témoignent de l'importance qu’avait autre-fois « le culte de Thémis » dans la ville auvergnate ; mais la beauté de la nature envi-ronnante et l'abondance des eaux corrigent l'impression de tristesse que pourrait laisserl’aspect de Riom . Les sites de ses alentours ne le cèdent guère en beauté â ceux deClermont. Au-dessus de Yolvic, qui donne à Riom la pierre de ses maisons et l’eau descs fontaines, s’élève sur un promontoire le vieux château ruiné de Tournoël, d'où Toncontemple un des paysages les plus grandioses de la France ; au loin s’étend l'admirablevallée ou plutôt la plaine de la Limagne , « diaprée de la verdure de ses prairies et del'or de ses moissons; » vers le nord-est, par delà les thermes de Châtel-Guyon , apparaîtla ville d'Aigueperse , patrie de L'Hôpital ; plus à droite, on aperçoit la butte de Montpen-sier, la chaîne de collines, en partie couvertes de forêts, où se trouvent les châteauxd’Effiat et de Randan, et près du confluent de la Morgc et de l'Ailier, la ville industriellede Maringues. Les grandes montagnes du Forez et les Puys ferment l'horizon l .

Riom n’est plus la deuxième ville du Puy-de-Dôme par le chiffre de sa population ;elle est dépassée à cet égard par l'industrieuse Thiers , dont les maisons, cramponnées,pour ainsi dire, aux flancs de la montagne du Besset, descendent en gradins irréguliersjusqu'aux bords de la Durolle, torrent incessamment battu par les roues des usines.Pour monter au plateau supérieur, l’un des plus beaux observatoires pour la vue de laLimagne et des monts Dôme, la route a dù s’élever en nombreux lacets, tandis que lechemin de fer décrit de longues sinuosités vers le nord avant de retourner obliquement

1 F. de Lanoyc, Voyage aux volcans de la France centrale (Tour du Monde, 1806).