années. Au point de vue de l'instruction publique, le Périgord est aussi parmi les pro-vinces les plus arriérées.
L'arrondissement de Sarlat , occupant l'angle sud-oriental du département, est limi-trophe du Lot et de la Corrèze et en reçoit les eaux par la Yézère et la Dordogne . Lechef-lieu lui-même, Sarlat , où l'on remarque de vieux édilices, parmi lesquels la maisonoù naquit La Boétie , est situé dans l'intérieur des terres, ayant à peine un ruisselet quil'arrose. Son port sur la Dordogne est Yitrac, un peu en amont de la pittoresque villede Domine, bâtie en amphithéâtre aux pentes d’une colline escarpée, et ceinte encore deses vieux remparts ; dans le lointain, on voit au sommet des rochers les tours de forte-resses du moyen âge et le vaste château de Beynac, dont la salle du treizième siècle estornée de peintures murales. Le poi l d'expédition de la charmante Yézère, rendue navi-gable en aval de Terrasson et surtout de Montignac , est le Buguc ; il expédie les fers dequelques usines, les meilleures truffes du Périgord , les vins et autres produits agricolesdu pavs; mais quand la gare du Buisson, au-dessus du conlluent de la Dordogne et de laYézère, sera directement rattachée à Bordeaux par Bergerac , c'est là que viendra se con-centrer le mouvement commercial de la contrée. Les environs du Bugue sont devenuscélèbres par leurs grottes : au nord se trouve la caverne de Miremont, aux longues ettortueuses galeries, dont l'une a plus de 4 kilomètres ; mais ce sont des antres et desabris de bien moindre importance qui ont acquis le plus de célébrité, grâce aux décou-vertes qu’y ont faites Lartet , Cliristy et d'autres savants. Les noms des Eyzies, de Lau-gerie-llaute, de Laugerie-Basse , de la Madeleine, de Tayac, dont la roche, percée danstous les sens, était une sorte de citadelle, ont acquis dans la science un nom impéris-sable, qui s’applique désormais à toute une race d'hommes, ainsi qu'à toute une périodede la civilisation préhistorique.
Au-dessous du conlluent, que domine, du haut de son rocher, le bourg de Limeuil ,la Dordogne passe devant Lalinde où quelques usines reçoivent la force motrice de sourcesabondantes, issues de la base du plateau; puis vient Bergerac , chef-lieu de l’arrondisse-ment et la seule ville de quelque importance, après Libourne, qui se trouve sur la Dor-dogne. On dit qu'avant la révocation de l'édit de Nantes, Bergerac était par le nombre deses habitants et son mouvement commercial une rivale sérieuse de Bordeaux : jusqu'à50,000 personnes, le quadruple de sa population actuelle, auraient vécu dans ses murs.11 s'y opère un mouvement d'échanges très-considérable, surtout en vins 1 ; quelques-unsde ses crus, parmi lesquels on cite principalement le vin blanc de Montbazillac, recueillisur les coteaux du midi de la plaine, sont devenus fameux. La ville de Bergerac elle-même n’a pas de monuments remarquables ; mais il en existe plusieurs dans son arron-dissement. L’abbaye de Cadouin, sur le plateau que limitent au nord lès méandres deLalinde , possède un admirable cloître du seizième siècle où les sculptures les plusgracieuses de la Renaissance se marient à l'élégante ogive du moyen âge. Plus au sud,vers les sources du Dropt , le château de Biron dresse ses tours, ses murailles, ses con-structions de diverses époques : sa chapelle, du seizième siècle comme le cloître de Ca-douin, est un chef-d’œuvre. A l'ouest, sur un coteau qui domine la vallée de la Lidoire,limite des deux départements de la Dordogne et de la Gironde , est le château restauré deMontaigne, dans lequel naquit et mourut l'illustre écrivain. Le Périgord est le pays deFrance qui a donné naissance au plus grand nombre d'hommes éminents du seizièmesiècle : Marot, Brantôme, Montaigne, La Boétie .
La vallée de l’Isle, beaucoup moins importante que celle de la Dordogne au point devue hydrographique, lui est néanmoins très-supérieure par l'activité commerciale, car là