470
NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE
sc trouve la capitale du Périgord, le centre actuel du département de la Dordogne .Périgueux, la cité des Pétrocoriens, est héritière d'une ville gauloise qui s’élevait sur larive gauche de l'Isle, et de la Yésonc (Yesuna ou Yesunna) gallo-romaine bâtie sur larive droite; c’est du même côté ijue la ville actuelle étage pittoresquement ses édifices.Une grande tour romaine lézardée, cella d’un ancien temple auquel aboutissaient jadistoutes les voies de la cité et que recouvraient des plaques de marbre rouge et blanc, sedresse encore au bas de la ville, à côté du chemin de 1er, et l’une des tours de l'ancienneenceinte, le château Barrière, repose sur une base romaine. En outre, on voit les vesti-ges de nombreux monuments tels que les arènes, qui pouvaient contenir 40,000 specta-teurs et dont les pierres ont servi à bâtir un couvent; des statues, des mosaïques, desinscriptions ont enrichi le musée de la ville, et sur la hauteur qui s’élève au sud-est semontrent les remparts d’un ancien camp romain. Des restes importants, tours, murailles,maisons, un musée d’antiquités, l’un des plus riches qu’il y ait en France , rappellentaussi le moyen âge; mais la gloire architecturale de Périgueux est l'église de Saint-Front,dont on voit les cinq coupoles s'arrondir au-dessus de constructions énormes : cet édifice,que l'on commençait à bâtir au milieu du dixième siècle, est la basilique de Fiance quiprésente le style byzantin dans sa plus grande pureté.
Périgueux est une ville industrielle par ses carrosseries, ses usines métallurgiques, sesfabriques <fe draps, scs moulins que met en mouvement la magnilique source du Toulon ,et ses ateliers de préparations alimentaires que célèbrent les gastronomes ; elle est surtoutune ville commerçante, grâce à sa position dans la vallée de l'Isle, au point de croisementde deux lignes ferrées de premier ordre. Quant aux autres villes ou bourgades du bassinsupérieur de l'Isle, elles ne se distinguent que par des ruines ou des souvenirs historiques.Hautefort, dominant une colline au sud de la liante Yézère, a son château qu'habita le fa-meux troubadour et guerrier Bertrand de Boni ; Excideuil, dans la vallée de la Loue, Jumil-hac. dans celle de l'Isle, montrent aussi des ruines féodales. Thiviers , oii sc trouve égale-ment un ancien château, a seule un commerce étendu : intermédiaire de Périgueux et deLimoges , elle attire à ses foires les marchands de bestiaux de toute la contrée, expédiedes fromages renommés et d'autres denrées agricoles, et fabrique des poteries et des faïen-ces. qui doivent la qualité spéciale de leurs vernis â une argile chargée de manganèse etde minium. Quant â la vallée inférieure de l'Isle, en aval de Périgueux , elle n'a point devilles populeuses, mais l'agriculture y est llorissantc, surtout aux alentours de Mussidan et de Montpont.
Nontron, le chef-lieu de l'arrondissement septentrional de la Dordogne , domine leBandial, alïl uent en partie souterrain de la Charente : de nombreuses forges et d'autresusines métallurgiques, d'où sortent les jolis « couteaux de Nontron », reconnaissablespar leur manche en buis et leur virole mobile en cuivre, occupent les bords du torrentet fournissent â la population des moyens d'existence que ne lui procurent pas en quan-tité suffisante les châtaigniers et les cultures des hauteurs granitiques. La vallée de laDronne, plus large, a des fonds plus fertiles, bordés d’escarpements aux formes pluspittoresques. Brantôme, dont le nom est devenu si célèbre dans le monde des lettres, estsurtout remarquable par la beauté des sites environnants. Elle-même est bâtie dans une îlede la Dronne, entre des rochers percés de grottes, qui furent habitées ja dis ; les restes deson ancienne abbaye, ses tours et ses clochers, les débris de son enceinte, son pont bizarre,l'écluse de la rivière, les grands arbres et les prairies de ses bords forment un tableau âla fois original et charmant. A 8 kilomètres plus bas est Bourdeilles, avec ses deuxchâteaux, dont 1 un dominé par un superbe donjon de 40 mètres. Lâ aussi des grottescurieuses s'ouvrent dans les rochers ; des sources abondantes ou « bouillidous » jaillissenteu maints endroits de la base des falaises, tandis que sur les plateaux on voit s’ouvrir le