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Livre II. La France.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

i-7S

Dans la partie du département dont les eaux s’écoulent dans la Charente , la ville laplus connue est celle de Châlus-Chabrol, composée de deux agglomérations distinctes,que sépare le ruisseau de la Tardoire, et dominée par le donjon d’un château fort sedressant au nord sur un rocher ; en bas, sur la rive gauche, est un autre château d'où,suivant la tradition, serait partie la flèche qui blessa mortellement Richard Cœur de Lion en 1199. Toute cette contrée montucuse, sur les confins souvent disputés du Limousin , del'Angoumois et du Périgord , est couverte de châteaux encore debout ou déjà ruinés, dedolmens et d’églises romanes. La petite ville de Roehcchouart, chef-lieu de l'arrondissementsud-occidental de la Haute-Vienne , n’est connue que par son magnifique château, rebâtiâ la lin du quinzième siècle à la jonction de deux petites vallées tributaires de la Vienne .

Cette rivière cllc-mèmc naît sur les plateaux de la Corrèze , mais elle n’est encore qu’unruisseau à son entrée dans l’arrondissement de Limoges. Elle baigne Eymoutiers et passenon loin de la ville de Saint-Léonard , patrie de Gay-Lussac, au village industriel duPont-de-Noblat, où se trouvent non-seulement des manufactures de porcelaine, le produitpar excellence de la Haute-Vienne , mais aussi des filatures, des papeteries, des mégis-series, des chapelleries, des usines métallurgiques. A une dizaine de kilomètres en avalde Saint-Léonard, la Vienne s’unit au Thaurion, qui lui apporte une quantité d'eau égaleà la sienne, et devenue forte rivière, passe au pied de la haute colline qui porte Limoges ,la ville la plus importante de tout le versant occidental du plateau granitique de laFrance; avant que l’exploitation des mines de houille eût fait de Saint-Étienne unegrande cité, Limoges était le centre le plus populeux de tout le pays compris entre lesvallées du Rhône et de la Garonne .

L’ancienne capitale de la confédération des Lémoviccs occupe d’ailleurs, dans l’ensembledu territoire, une situation géographique très-hcurcuse comme station de commerce. Hest vrai, la rivière qui en baigne le pied n’est point navigable et ne rend de services quepour le transport des bûches perdues. Mais cette rivière coule de l’est â l’ouest dans toutela partie supérieure de son cours, et forme ainsi avec la grande voie qui se dirige versParis et le nord de la France un croisement naturel de routes où devait s’établir un groupeconsidérable de population. Limoges devint donc, à une époque où les voyages se faisaientpar étapes régulières, le principal point d’arrêt obligé sur le chemin qui mène d'Orléans â Bordeaux par le Limousin et le Périgord. Au siècle dernier, Turgot augmenta l’impor-tance capitale de Limoges comme entrepôt en y faisant converger un grand nombre debelles routes ; mais de nos jours cette importance a relativement diminué, car la plu-part des chemins de fer qui font communiquer Limoges avec le reste de la France s'em-branchent loin de la ville sur la ligne principale, Le chemin de Brive et de Toulouse asa gare de bifurcation à Nexon, situé à 20 kilomètres au sud de Limoges ; la voie deMontluçon se détache â plus de 50 kilomètres au nord, à Saint-Sulpicc-Laurièrc, puisencore plus loin commence l’embranchement de Poitiers : un seul chemin de fer a sonpoint de départ dans la ville môme, celui d’Angoulême , qui, dans la direction opposée,sera continué vers Clermont.

11 ne reste plus que des vestiges de la cité gallo-romaine, mais à celle du moyen âgeappartient le plus bel édifice de Limoges, la cathédrale Saint-Étienne , construite au trei-zième et au quatorzième siècle dans le style ogival parisien. Le pont Saint-Étienne, du trei-zième siècle, est un des plus curieux que nous ait laissés le moyen âge. Divers quartiers,aux ruelles étroites et tortueuses, aux maisons de pierres ornées de boiseries sculptées,représentent sous un autre aspect la ville des temps passés, et l'on ne s’étonne point,à la vue de certains groupes de masures délabrées, que la peste et le « mal des ardents »aient fait parfois tant de ravages avant que les murailles de la cité eussent été démolieset que de larges voies eussent été ouvertes à travers les quartiers les plus malsains. La