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Livre II. La France.
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GUÉRET , LA SOUTERRAINE. BOUSSAC. 483

En aval d’Ahun, un viaduc de chemin de fer franchit la profonde vallée de la Creuse à56 mètres de hauteur.

Le chef-lieu du département, Guéret , ville fort modeste malgré son rôle administratif,n'a pas même l’avantage que donne le voisinage d’une eau courante ; elle est située entrela vallée de la Creuse et celle de la Gartcmpe, sur un plateau que dominent au sud-ouestle sommet (le Maupuy, au sud-est le puy de Gaudy, portant quelques restes d'un oppidumgallo-romain. Toute cette partie de. la Marche est, comme la région de la haute Creuse ,fort riche en vestiges des temps préhistoriques et du moyen âge. A cet égard le districtde la Souterraine est surtout fort curieux : à l'est de la ville, au milieu de ruines gau-loises, s’élèvent de hautes tombelles couvertes d’arbres et de cultures, et non loin de là,près du village de Saint-Pricst-la-Fcuille, le plus beau dolmen du département est soutenupar six blocs de pierre à plus de 2 mètres de hauteur. C’est du pays de la Souterraine queles maçons partent en plus grand nombre pour leur émigration périodique.

La Petite Creuse, qui parcourt la région septentrionale du département avant de sejoindre à la Grande Creuse, n’arrose le territoire que d'une seule ville, si l’on peutdonner ce nom à Boussac, où vivent à peine mille habitants, groupés autour de l'ancienchâteau transformé en sous-prélecture. D’ailleurs la trace des âges préhistoriques s’estd'autant mieux maintenue dans cette région que la population clair-scméc n’a pu en bou-leverser le sol et en renouveler fréquemment les édifices. A une dizaine de kilomètres ausud de Boussac, près de Toulx-Saintc-Croix, on voit encore les débris d'une grande citéceltique, entourée jadis d'une triple enceinte.

Dans la partie orientale du département naissent les deux rivières de la Tardes et duCher, la première plus longue, la seconde plus connue, mais toutes les deux char-mantes dans leurs étroites vallées, où se succèdent les bassins verdoyants. Par contre, lesplateaux de 750 mètres d'élévation moyenne d’où s’écoulent ces cours d'eau sont tristeset dénudés ; la lutte pour l’existence y est pénible aux cultivateurs, et l’on comprendque là ait pris son origine, vers la tin du seizième siècle, une de ces nombreuses insur-rections de paysans dont la Marche et le Limousin ont été le théâtre : si l'on en croit letémoignage d'Agrippa d'Aubigné, ce serait même du bourg de Crocq , situé près dessources de la Tardes, que les insurgés « croquants « auraient reçu leur nom. Le chef-lieunaturel de tout le bassin de la Tardes est la petite ville de Chambon, capitale judiciairede l’arrondissement de Boussac : son église romane est la plus belle de la Creuse . A quel-ques kilomètres à l’est, près d'Évaux, jaillissent dix-huit sources thermales, de tempéra-tures différentes, contenant du soufre, du sodium, du fer : ces fontaines, utilisées jadispar les Romains, alimentent les seuls établissements balnéaires du département 1 .

L’ancienne province du Bourbonnais est devenue, sans grands changements de limites,le département de l’Ailier, du nom de la belle rivière qui la traverse du sud au nord ;mais à l'ouest le Cher, à l’est la Loire , dont les eaux finissent par se rencontrer dans lemême lit, arrosent aussi le département, en suivant une direction presque parallèle àcelle de l’Ailier. Le Bourbonnais n'appartient pas en entier à la région du plateau; leslarges vallées de l’Ailier et de la Loire méritent en maints endroits le nom de plaines,et les granits, les porphvres des hauteurs cèdent la place, dans les parties plus basses du

1 Communes les plus importantes de la Creuse en 1872 :

Aubusson .

Guéret.

La Souterraine .

6,450 hab5,725 »4,150 »

Bourganeuf. . . .Lavaveix-les-Mines.Felletin .

5,600 hab.5,250 »3,150 »