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Livre II. La France.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

département, a des formations géologiques de tout âge, jusqu'à celle des alluvions mo-dernes : la contrée ne présente un aspect montagneux qu’au sud de la Palisse, là où lachaîne de la Madeleine continue les massifs du Forez . D’ailleurs ces diverses régions,distinctes par la nature et 1 aspect, le sont aussi par le caractère des populations, quid un coté se rattachent plus à l’Auvergne, des autres plus au Forez et à la Marche 1 . Versle milieu du siècle, le Bourbonnais, dont les « Grandes » ou bruyères occupaient encorede vastes espaces à côté des forêts, des champs et des prairies, était un pays spécia-lement agricole ; mais ses riches mines de houille en font un département de plus enplus industriel ; en outre, on y exploite des minerais de fer, des marbres, des pier-res a bâtir, des terres et des argiles diverses. L’Allier est aussi l’une des parties de la1 rance où les sources thermales, grâce au contact des roches différentes, coulent enplus grande abondance et présentent les propriétés les [dus remarquables. L'exploitationde ces richesses naturelles a donné à la contrée une forte impulsion de progrès matériel ;parmi les départements français dépourvus de villes considérables, l’Ailier est un des seulsdont la population se soit accrue pendant les dernières années ; pourtant le nombre deshabitants est encore d un quart environ au-dessous de la moyenne 2 .

La partie occidentale de l’Ailier, arrosée par le Cher à sa sortie du département de laLrcuse, est celle où 1 industrie a opéré le plus de transformations. C’est là que se trouveMontluçon , devenue maintenant la ville principale de l’Ailier, quoiqu'elle n’en soit pasle chel-licu. Montluçon , dont la population a quadruplé dans l’espace d’une génération,et (jui a l'ambition d’être un jour « le Manchester de la France », comme s’il n’yavait pas déjà un Saint-Etienne et un lioubaix, est une des villes du Centre qui éton-nent par le contraste entre le passé et le présent. Au sommet de la colline, la citéféodale est encore debout presque tout entière : à l’exception du château, trans-formé en caserne, les maisons à demi moisies du moyen âge sont restées attachées àla roche: rien n’y semble changé depuis dix siècles. En bas s’étendent les quartiers gran-dissants de la ville nouvelle, avec leurs maisons élégantes, leurs usines, leurs entrepôts.La plus vaste manufacture de Montluçon est une lubrique de glaces fort importante ap-partenant à la puissante, compagnie de Saint-Gobain ; de même ([ue les autres établisse-ments industriels de la ville, elle est alimentée de combustible par les houillères de Com-mentry, autre ville qui naguère n'était pas même un chef-lieu de canton et qui s’estrapidement agrandie; maintenant clic est la troisième du département. Le bassin Rouillerde Commentry est le quatrième de France par la quantité de ses produits, en y com-prenant toutefois le charbon extrait des mines environnantes, à Montvieq, à llézcnet, àDoyet, à Villefranche 3 . La principale couche de Commentry , qui se continue avec unesingulière régularité vers ies profondeurs du sol, a 14 mètres d’épaisseur moyenne etfournit un excellent charbon, très-propre à la fabrication du coke ; il est utilisé, à Com-mentry même, dans une grande usine métallurgique. La couche de Bézcnet, la plus puis-sante de toutes, a été longtemps exploitée à ciel ouvert. En 1816, la grande couchede Commentry s'alluma et l’incendie dura pendant vingt-quatre années : la flamme qui

1 Montégut, En Bourbonnais H en Forez, p. 108.

- Superlicie du l'Ailier. Population en 1S72. Population kilométrique.

7,508 kilomètres carrés. 590,800 habitants. 55 habitants.

3 Production du bassin de Commentry :

A860. 558,540 tonnes. | 1875. 944,500 tonnes.

Production du fer (fonte, fer, acier, rails, etc.) dans l’Ailier en 1875 :

120,800 tonnes; valeur 27,510,000 francs.

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