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Livre II. La France.
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BOURBON-L’ARCHAMBAULT, FEURS, SAINT-ÉTIENNE ,

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est désormais Saint-Étienne , qui était encore au dernier siècle une petite ville industriellesans importance. Pille est située à plus de 500 mètres d’altitude, au bord du Furens, petitaffluent de la Loire , dans un endroit qui du reste est favorablement placé pour servir depassage entre les vallées du Rhône et de la Loire . Dès les premières années de l'emploides chemins de 1er, Saint-Etienne était rattachée à la Loire à cause de ses trésors mi-niers, et de nos jours elle se relie par quatre grandes lignes au réseau français ; cepen-dant elle n’est point encore suilisammcnt pourvue de voies de communication, et cellequi rejoint Saint-Étienne à Lyon , la grande métropole de la vallée du Rhône, est loin depouvoir suffire convenablement à l’énorme trafic dont elle est chargée.

Le bassin Rouiller qui donne à Saint-Étienne le huitième rang parmi les cités de la'France et groupe plus de 200,000 habitants sur un espace de 20,000 hectares, a la dis-position d'un triangle allongé : la hase en est tournée vers la Loire , tandis que les deuxcôtés, éloignés l'un de l’autre d’une quinzaine de kilomètres dans la vallée du Furens, serapprochent peu à peu dans la vallée du Gier, tributaire du Rhône , et vont se termineren pointe, sur l'autre rive du llcuve, dans le département de l’Isère . La contenance duterrain houiller de Saint-Étienne est évaluée par M. de Ruolz à 577 millions de tonnes,représentant 175 années de la production actuelle; le bassin comprend 28 couches exploi-tables dont l'épaisseur totale est d'environ 50 mètres, et que des puits de mine, notam-ment aux environs de Rive-dc-Gicr, permettent d'exploiter jusqu’à plus de 400 mètres deur : un seul renflement d'une assise houillère, à .Montrambert, avait jadis, avantl'abatage, 05 mètres de puissance 1 . Hans le voisinage immédiat de Saint-Etienne lesmines ont une épaisseur beaucoup moindre. La découverte de la houille dans le pays dateau moins du onzième siècle et des titres constatent que dès 1521 des mines étaient exploi-tées , mais les grands travaux d’extraction ne commencèrent qu'à la Révolution française ,lorsque la vente du charbon put se faire librement. La production totale du bassin estenviron le cinquième de celle de la France . Des deux espèces principales de combustibleque l'on retire des puits, le charbon de forge est un des plus renommés qui existent, etla houille à gaz est extrêmement riche en matières volatiles : plus d'une fois les ouvriersen ont fait la terrible expérience lors de quelque explosion soudaine de feu grisou 2 .

Une ville qui doit toute son importance à ses mines de houille et qui en consommedans ses fabriques de si énormes quantités doit avoir une physionomie bien différente decelle que présentent les cités grandissant d'une manière normale comme marchés on cen-tres naturels d'une province. Le sol de Saint-Étienne est noir, couvert tantôt d'une pous-sière ténue de charbon, tantôt d'une fange profonde ; l'atmosphère est épaisse, chargéed'une fumée qui s'éclaire pendant la nuit de reflets sinistres ; les maisons uniformes etde lourde architecture qui bordent les longues avenues ont toutes une teinte charbon-neuse : quoique sous une latitude méridionale, on pourrait se croire sous les pesantesbrumes de l'Angleterre. Les habitants eux-mêmes sont à la fois sérieux et pressés, commeil convient à une population poussée par un travail incessant.

Les monuments de Saint-Étienne sont ses usines. La ville a bien son palais des Artsavec un musée d'artillerie, des collections d’histoire naturelle, des tapisseries, des faïenceset des tableaux ; mais les grandes merveilles de l'endroit sont les immenses manufactures,où la matière, entrée à l'état brut, se transforme graduellement sous la main d’ouvriersqui se divisent le travail, et changeant d'aspect à chaque nouvelle opération, sort enfin del'usine à l’état de produit parfait, comme pièce d'étolïc ou comme objet en fer. Lagrande industrie stéphanoise est celle des rubans, dont les origines remontent a la fin du

1 Burat, Géologie de la France.

2 Production du bassin en 1875 : 5,276,500 tonnes.

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